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"L’EDIT ROYAL - DVAR MALKHOUT" DU CHABBAT REEH 5751


"Voir" la bénédiction de la délivrance

jeudi 17 août 2006, par Redaction

Résumé du discours du Rabbi du Chabbat Reeh, le 1er jour de Roch ‘Hodech Eloul 5751


La paracha de Reeh est toujours lue dans un temps lié au mois de Eloul : soit le Chabbat qui précède et bénit le mois de Eloul, soit - comme cette année-ci (5751 - 1991, Ndt) - le Chabbat Roch ‘Hodech Eloul.

Cela peut apparaître surprenant, car, à première vue, non seulement la paracha de Reeh et le mois de Eloul n’ont-ils aucun rapport entre eux, mais, au contraire, ils sont porteurs de significations opposées  :

En effet, dans le mois de Eloul, l’accent est mis sur l’effort de l’homme pour se rapprocher de D-ieu, le « bien-aimé », selon le verset du Cantique des Cantiques qui est l’acrostiche du mot « Eloul » : d’abord «  A ni L édodi - Je suis à mon bien-aimé », en conséquence de quoi l’homme mérite l’aide de D-ieu, «  V édodi L i - mon bien-aimé est à moi » (Cantique, 6, 3). À l’inverse, la paracha de Reeh souligne l’assistance et la bénédiction divine : « Reeh Anokhi notène lifnékhem hayom berakha - Regarde, Je donne aujourd’hui devant vous une bénédiction » (Deutéronome, 11, 26).

Dans ce verset, chacun des mots exprime la qualité de la bénédiction qui émane d’En-Haut pour descendre sur le peuple juif :

« Reeh - Regarde » exprime une intériorisation du message beaucoup plus profonde qui découle de la supériorité de la vision sur l’écoute.

« Anokhi - Je » exprime un degré du Divin bien plus essentiel et élevé que lorsque D ieu se révèle par l’autre terme pour « Je », « Ani  ». En effet, la lettre khaf qui se rajoute à ce dernier pour former Anokhi représente le degré infini de Keter dont elle est l’initiale.

« Notène - donne » exprime le don divin qui se fait dans la joie.

« Lifnékhem - devant vous » signifie « au dedans de vous », car l’influence divine venue d’En-Haut se révèle d’abord dans les profondeurs de l’être et ensuite seulement dans sa partie superficielle.

« Hayom - aujourd’hui  », exprime le dévoilement lié à la lumière du jour ainsi que l’éternité (car « aujourd’hui » désigne chaque jour) liée au dévoilement divin d’En-Haut.

« Berakha - bénédiction » désigne aussi une influence divine qui vient d’En-Haut, voire même une influence si élevée qu’elle ne peut se révéler dans notre monde de façon positive, mais seulement d’une façon qui semble être une malédiction (que D ieu nous en préserve) comme le dit la fin du verset.

Dès lors, comment peut-il exister un lien entre cette paracha qui exprime le dévoilement divin d’En-Haut avec le mois de Eloul dont le sujet est l’effort de l’homme ici-bas ?

On peut a priori justifier cela par le fait que le mois de Eloul doit constituer un bilan du service divin de l’homme envers D-ieu, pas seulement dans l’effort qui est fait « d’en bas », mais aussi de l’effort dans la révélation des forces de son âme, qui est un travail que l’homme effectue « d’en haut ». Ce point a été développé dans le discours précédent (de la paracha Ekev) et il y a été expliqué que le premier jour de Roch ‘Hodech (lors duquel le présent discours a été prononcé, Ndt) est lié avec le bilan du service divin qui se fait « de haut en bas ». C’est la raison pour laquelle il tombe un Chabbat (en 5751 - 1991, Ndt), car en ce jour on n’a pas affaire avec le monde, mais avec son âme à travers l’étude de la Torah et la prière (et cela pénètre également la Mitsva de consommer les repas du Chabbat, qui sont élevés spirituellement par rapport aux repas de la semaine). Il est donc justifié que ce Chabbat soit celui de la paracha de Reeh qui évoque le dévoilement divin « d’En-Haut ».

L’hiver débute en Av


Cependant, il semble plus logique de dire que Reeh est liée aussi avec le service divin qui se fait « de bas en haut » (bien qu’elle soit lue pendant les mois d’été dans lesquels le service de D-ieu est essentiellement « de haut en bas »), pour les raisons suivantes :

1. Bien qu’elle soit toujours lue pendant le mois de Av, elle est toujours liée à Eloul dans lequel le service divin se fait principalement « d’en bas », soit en le bénissant, soit en faisant partie de Roch ‘Hodech Eloul.

2. Le mois de Av lui-même est lié au mois de Tichri (auquel Eloul est une préparation). En effet, on commence à se souhaiter « Ktiva ve’hatima tova », d’être inscrit et scellé pour le bien dans le livre de la vie, à partir du quinze Av. D’autre part, les lettres du mot Aryeh, le lion (qui est la constellation dominante - le « mazal » du mois de Av), sont les initiales de Eloul (alef), Roch Hachana (Rech), Yom Hakipourim (youd), Hochaana Rabba (), les étapes principales du mois de Tichri.

3. La conclusion de la paracha de Reeh traite des lois relatives à la fête de Soukot qui, comme tous les évènements des mois de l’hiver, relève du service divin qui se fait « d’en bas ».

Ainsi, la question reste posée : qu’est-ce qui relie la paracha de Reeh avec le service divin « d’en bas », dont l’homme est à l’initiative et qu’il accomplit avec ses propres forces ?

Commencer comme il convient


Pour répondre à cela, il est nécessaire de rappeler en préambule que le service divin qui est attendu au mois de Eloul n’est pas « de bas en haut » ou « de haut en bas », mais la fusion de ces deux mouvements en un seul (ce point a été développé dans le discours de la paracha Ekev).

En effet, le service divin « d’en bas » a l’avantage de provenir de l’homme lui-même, mais il est, de ce fait, nécessairement limité et sa portée est donc également limitée. L’assistance divine qui se révèle « d’en haut » à l’avantage d’être bien au-delà des limitations humaines, mais elle ne correspond justement pas aux efforts investis par l’homme. Il s’agit d’un « cadeau » de D-ieu.

Ce que l’homme doit faire au mois de Eloul, c’est de servir D-ieu de ses propres forces, « d’en bas » (« Ani lédodi - Je suis à mon bien-aimé »), mais d’une façon qui le place au-delà de toute limite et le résultat sera en conséquence. C’est ce à quoi les mots « (mon bien-aimé est) à moi  » font allusion.

Cependant, pour pouvoir réaliser cela, l’homme doit se tenir à un niveau très élevé, au-delà de toute limite !

C’est la raison pour laquelle on lit la paracha de Reeh avant le mois de Eloul en tant que préparation à ce service de D-ieu. Il y est dit à l’homme « Regarde  », comprends, sois conscient du fait que «  Je donne aujourd’hui devant vous une bénédiction ». La conscience de recevoir dans son âme le dévoilement du degré de Anokhi, l’Essence du Créateur, permet au Juif de servir D-ieu « d’en bas » de façon illimitée.

Cela commence par le Chabbat


La capacité d’un Juif de servir D-ieu au-delà de toute limite est soulignée lorsque Roch ‘Hodech Eloul tombe un Chabbat :

Le jour du Chabbat, comme on le sait, est exclusivement consacré à l’étude et à la prière, ce qui place le Juif au dessus du monde et de ses limites.

Ainsi, lorsque le mois de Eloul débute un Chabbat (en particulier lorsqu’il s’agit du premier jour de Roch ‘Hodech), le mois tout entier en est marqué et devient de ce fait « chabbatique », au-delà des limites. En effet, lorsque le premier jour de Roch ‘Hodech tombe un Chabbat, cela agit sur le second jour et lui confère également ce caractère « chabbatique », et il en est de même pour les autres jours du mois.

On voit que lorsque Roch ‘Hodech tombe un Chabbat, c’est la dimension du Chabbat qui prévaut. En effet, l’ordre de la prière est celui du Chabbat et ce n’est que dans la amida que l’on mentionne Roch ‘Hodech. Dans le birkat hamazone (action de grâce après le repas), le Chabbat est mentionné avant le Roch ‘Hodech. Dans les bénédictions qui suivent la lecture de la haftara, on mentionne le Chabbat et pas le Roch ‘Hodech et ce, bien que la haftara toute entière ne traite que du Roch ‘Hodech !

La raison à cela est que le Roch ‘Hodech, marquant le phénomène naturel du renouvellement de la Lune, est lié quelque peu aux limitations du monde. Ainsi souligne-t-on en premier lieu le Chabbat, pour exprimer le fait que le Juif se trouve en premier chef au-delà des limites du monde (Chabbat) et qu’il fait ensuite pénétrer cette dimension infinie à l’intérieur du monde (Roch ‘Hodech).

Sortir des limites - sortir de l’exil


Le nom « Eloul » possède plusieurs acrostiches :

Le premier représente la Torah : « אִנָּה לְיָדוֹ וְשַׂמְתִּי לְךָ - Et celui qui n’a pas dressé d’embûches et D ieu l’a amené sous sa main, Je te fixerai un endroit où il puisse se réfugier » (Exode, 26, 13). Ce verset parle en effet des « villes de refuge » qui évoquent la Torah, car celle-ci est un « refuge » spirituel qui préserve du mauvais penchant.

Le second représente la prière : « אֲנִי לְדוֹדִי וְדוֹדִי לִי - Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi , qui fait paître son troupeau parmi les roses », car il évoque l’attachement de l’homme à son Créateur à travers la prière.

Le troisième représente les bonnes actions (« guémilout ‘hassadim ») : « אִישׁ לְרֵעֵהוּ וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיוֹנִים - ... en faire des jours de festin et une occasion d’envoyer des présents l’un à l’autre et des dons aux pauvres  » (Esther 9, 22).

Ces trois piliers du service divin doivent se faire, comme nous l’avons dit, de façon qui dépasse les limites, comme cela apparaît dans le quatrième acrostiche qui représente la téchouva (le retour à D-ieu) : « אֶת לְבָבְךָ וְאֶת לְבַב - L’É-ternel ton D-ieu circoncira ton cœur et le cœur de ta descendance, afin que tu aimes l’É-ternel ton D ieu de tout ton cœur et de toute ton âme, pour que tu vives. » (Deutéronome 30, 6), verset qui évoque la téchouva qui aura lieu lors de la délivrance messianique.

Cela apparaît d’autant plus dans le cinquième acrostiche qui représente la délivrance : « וַיֹּאמְרוּ לֵאמֹר אָשִׁירָה לַּה’ - Alors, Moïse chanta, ainsi que les enfants d’Israël, l’hymne suivant à l’É-ternel. Ils dirent : “ Je veux chanter à l’É-ternel ... », verset qui évoque également le cantique qui sera chanté lors de la délivrance future, quand nous pourrons accomplir le service de D-ieu à la perfection et sans limites.

Le dernier acrostiche, qui évoque un service de D-ieu parfait, a encore plus de résonance cette année-ci (5751 - 1991, Ndt) et à la date actuelle :

En plus du fait que nous avons achevé notre tâche et que nous nous tenons prêts pour la délivrance, nous sommes en l’an 5751, dont l’acrostiche est « ce sera une année où Je lui montrerai des merveilles » et nous avons déjà vu de nombreux miracles et merveilles. Nous avons vu notamment la chute du « rideau de fer » qui a permis aux Juifs de Russie de sortir de là-bas. Nous avons vu comment les émissaires (du Rabbi, Ndt) ont tenu leur congrès dans la capitale de la Russie, dont le but est de renforcer la diffusion de la ‘Hassidout dans le monde entier.

Et après que onze mois aient passé dans cette année et que nous nous tenons au mois de Eloul, le mois du bilan, la conclusion du bilan est : « Ad mataï ! », jusqu’à quand ! Comment est-il possible que le Machia’h ne soit pas encore venu ? Comment est-il possible que l’on ne voie pas (« reeh ») encore le Machia’h ?!

En particulier sachant que nous sommes Chabbat, qui est lié avec la délivrance, car celle-ci sera « le jour qui sera entièrement Chabbat », et Roch ‘Hodech, le jour de la nouvelle lune, qui est lié avec la délivrance du peuple juif qui sera délivré de nouveau, et dans la paracha de Reeh qui est liée avec la vision de la délivrance et dont la haftara évoque, elle aussi, la délivrance : « Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l’allégresse à causse d’elle... » (Isaïe 66, 10).

Ainsi, il est clair que la délivrance doit arriver.

Que faire ?


Il faut diffuser partout le service divin qui découle des cinq acrostiches du mois de Eloul, en particulier du cinquième qui représente la délivrance et qui doit pénétrer tous les autres aspects du service de D-ieu (notamment à travers l’étude des sujets relatifs à la délivrance et au Temple).

Et concrètement :

Il faut annoncer en tous lieux - avec des paroles qui viennent du cœur - que D ieu dit (à travers Ses serviteurs les prophètes) à chaque Juif : «  Regarde, Je donne aujourd’hui devant vous une bénédiction  », au point où l’on voit véritablement aujourd’hui avec des yeux de chair la bénédiction de la délivrance messianique.

Cette proclamation doit émaner de tous, même de ceux qui prétendent qu’ils n’ont pas encore intégré et assimilé la chose, car, même dans ce cas, ils ont une foi parfaite et peuvent (et doivent) donc diffuser cela à autrui, à commencer par leur entourage, puis à tous les Juifs auxquels ils peuvent parvenir, et cela même aidera à ce qu’ils intègrent ce message comme il se doit.

Puisse D-ieu vouloir que, par le mérite de ces paroles au sujet de la délivrance, celle-ci se fasse concrètement, en particulier lorsque nous allons relier cela avec le fait de dire « lé’haïm ! » dans un farbrenguen ‘hassidique ici, dans la synagogue, la maison d’étude et de bonnes actions de mon beau-père, le Rabbi (précédent, Ndt) : «  lé’haïm ! lé’haim vélibrakha !  » (« Pour la vie ! Pour la vie et la bénédiction ! »). Puissions-nous tous mériter toutes les bénédictions, en particulier celle d’être inscrits et scellés pour une bonne et douce année, et a fortiori la bénédiction de la délivrance complète par notre juste Machia’h, et toute l’assemblée répondra « amen » et « plus grand est celui qui répond « amen » qui celui qui bénit ». Amen, ken yéhi ratsone.

 
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