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L’EDIT ROYAL - "DVAR MALKHOUT" DU CHABBAT NASSO 5751


Un « monde nouveau » grâce à une « Torah nouvelle »

vendredi 9 juin 2006, par Redaction

Résumé du discours du Rabbi du Chabbat Nasso, le 12 Sivan 5751


Nos Sages affirment que, chaque jour, l’homme doit considérer les paroles de la Torah « comme nouvelles, comme si elles avaient été données ce jour même » (Cf. Rachi sur Yitro 19, 1).

Puisque tout sujet de la Torah est vrai, il est évident que si on demande à chaque Juif de considérer la Torah de cette façon, c’est parce que telle est la stricte vérité. Ceci apparaît notamment dans le texte de la bénédiction quotidienne de la Torah : le verbe « donner » y est au présent, « Béni sois-Tu... qui donne la Torah », car la Torah est donnée de nouveau chaque jour.

Quatre sortes de renouvellement


Concrètement, on peut diviser le renouvellement de la Torah en quatre niveaux :

1. D’une façon générale, le Don de la Torah est réitéré chaque année le jour de Chavouot. Tous les évènements liés à cette révélation se « réveillent » alors et se produisent de nouveau comme la première fois.

2. Le renouvellement du don de la Torah chaque jour, dont la force provient du renouvellement annuel qui a lieu à Chavouot. On trouve un équivalent à cela dans le renouvellement quotidien de l’existence du monde chaque jour (comme il est dit « Il renouvelle chaque jour constamment l’œuvre de création ») dont la force provient du renouvellement annuel de cette existence à Roch Hachana.

3. Un renouvellement particulier supplémentaire est réalisé lors du Chabbat qui suit le Don de la Torah, parachat Nasso et qui s’exprime aussi bien dans la paracha de la semaine que dans les Pirkei Avot (Maximes des pères) que l’on recommence à lire ce Chabbat.

4. Les trois catégories qui précèdent évoquent le renouvellement du Don de la Torah de façon annuelle ou quotidienne, tel qu’il eut lieu la première fois au Mont Sinaï, c’est-à-dire que la même Torah est donnée de nouveau. Mis à part le renouvellement, il existe cependant aussi le sujet de la nouveauté dans la révélation divine : de nouveaux sujets qui se révèlent et qui n’avaient pas été donnés lors du Don de la Torah. Il s’agit des nouveaux enseignements - ‘hidouchei Torah - tels qu’ils s’en révèlent à toutes les époques et qui portent en eux la vérité de la Torah.

De la nouveauté dans la Torah et dans le monde


En réalité, la Torah a été donnée au Mont Sinaï dans son intégralité, ce qui inclut les nouveaux enseignements qui étaient amenés à surgir au fil des époques et également la Torah du Machia’h, au sujet de laquelle il est dit « une Torah nouvelle sortira de Moi » (Midrache Vayikra Rabba 13, 3). Ces enseignements n’ont été cependant donnés que sous forme potentielle recelée dans les règles d’interprétation de la Torah et se sont par la suite révélés à travers l’étude des Sages.

Il existe néanmoins une différence profonde entre les enseignements qui sont dévoilés à chaque époque à travers l’étude des Juifs et la « Torah nouvelle » qui ne sera révélée que dans les temps futurs du fait de son extrême élévation. Ceci est exprimé dans les mots « (une Torah nouvelle) sortira de Moi  ». En effet, si d’habitude les nouveaux enseignements « sortent » de leur degré potentiel pour être connus de tous à travers l’étude de tel ou tel Sage, la « Torah nouvelle » sera telle qu’elle ne pourra « sortir » que de D-ieu Lui-même. C’est pourquoi nos Sages déclarent, pour exprimer ce niveau de la Torah : « La Torah que l’homme apprend dans ce monde est du vent par rapport à la Torah de Machia’h » !

Comme nous l’avons dit plus haut, l’existence du monde se renouvelle également chaque jour. Or, comme c’est de la Torah que provient cette existence (les Sages enseignent que la Torah constitue le « plan d’architecte » de Dieu pour la création du monde), on comprend que c’est le renouvellement de la Torah qui entraîne celui du monde.

Ainsi, c’est la révélation d’une « Torah nouvelle qui sortira de Moi  » à l’époque messianique, qui sera à l’origine de l’accomplissement de la prophétie : « les cieux nouveaux et la terre nouvelle que Je ferai  » (Isaïe, 66, 22).

Une illustration du principe selon lequel le renouvellement dans la Torah entraîne le renouvellement dans le monde est fournie par la Michna des Pirkei Avot : « Celui qui rapporte une parole en citant son auteur amène la délivrance au monde. » En effet, le dévoilement d’un nouvel enseignement qui était préalablement voilé constitue une délivrance dans la Torah de laquelle découle ensuite la délivrance pour le monde.

Cependant, tous les nouveaux enseignements qui se révèlent en temps d’exil n’amènent qu’une délivrance partielle dans la Torah, dans la mesure où il reste toujours des sujets voilés. Dès lors, la délivrance qui s’opère dans le monde ne peut être que partielle également : une délivrance à l’intérieur de l’exil.

C’est seulement dans les temps messianiques, quand le dévoilement sera l’œuvre de D-ieu Lui-même, que tout sera dévoilé dans la Torah et donc que la délivrance du monde sera complète.

Qu’est-ce que « les nouveaux cieux » et « la nouvelle terre » ?


Actuellement, la vitalité divine qui anime le monde n’est pas dévoilée. Le monde cache et dissimule cette vitalité (« le monde », olam en hébreu, qui vient du mot Elem, « le voile »). Dans les temps futurs, cependant, le ciel et la terre seront appelés « nouveaux », car la force divine qui les fait vivre sera visible en eux. Plus encore, cette vitalité ne sera pas distincte d’eux, ils deviendront une demeure parfaite pour D ieu qui y résidera de façon dévoilée, à l’exemple d’un homme qui se montre dans sa maison tel qu’il est lui-même. Et c’est « du débordement de la lumière divine sur Israël que les ténèbres des Nations seront éclairées... et ainsi ‘la Gloire de l’É-ternel sera révélée et toute chair la verra’ (Isaïe 40, 5) » (Tanya fin du ch. 36)

[note n° 50 : En effet, l’existence même d’Israël se confond, si l’on peut dire, avec celle de l’Essence Divine, alors que le reste de la Création est l’effet de la force créatrice de l’Essence Divine. C’est la raison pour laquelle Avraham fit jurer son serviteur Éliézer en lui faisant mettre la main précisément sur l’endroit de sa circoncision, bien que ce geste a priori heurte la pudeur, plutôt que sur un objet de culte, car l’essentiel du dévoilement divin qui s’opère dans la matière lorsque celle-ci est sanctifiée se fait dans Israël même (c’est pourquoi Avraham n’a pas fait jurer Éliézer sur sa propre circoncision, car celui-ci n’était pas juif).]

Comme nous l’avons dit, la nouveauté qui apparaîtra dans les cieux et dans la terre sera parallèle à celle qui se fera dans la Torah : lors du don de la Torah, la partie principale de la Torah qui est la « Torah nouvelle », n’avait pas été révélée, c’est pourquoi l’Essence Divine ne pouvait se révéler dans le monde. Et bien que le décret séparant les mondes supérieurs des mondes inférieurs ait été annulé, permettant ainsi à la Divinité de pénétrer le monde, celui-ci demeura néanmoins dans son niveau de « monde inférieur ».Dans les temps futurs, cependant, quand l’essentiel de la Torah sera révélé, l’Essence Divine se révélera automatiquement dans le monde.

Le renouvellement, tel qu’il apparaît dans la paracha de ce Chabbat


Le sujet de la nouveauté dans la Torah est particulièrement mis en évidence le Chabbat qui vient après le Don de la Torah.

La paracha de cette semaine, Nasso, donne à ce sujet plusieurs enseignements :

La paracha, commence en effet par l’ordre d’« Élever les têtes » (dont le sens est de « dénombrer les têtes ») : cette terminologie enseigne qu’il faut « élever » et renouveler nos têtes, c’est-à-dire que l’étude de la Torah se fasse avec plaisir (car le plaisir transcende l’intellect) ce qui élève le niveau de l’étude jusqu’à en faire jaillir des enseignements nouveaux, jusqu’à amener à la révélation de la « Torah nouvelle », les secrets de la Torah, l’essence même du plaisir dans la Torah.

La paracha traite aussi des lois du Nazir (une personne qui se sanctifie en s’abstenant de boire du vin ou de consommer tout produit à base de raisin, et de se couper les cheveux) dans lesquelles apparaît le sujet de la venue du Machia’h dans un contexte de Halakha : « Celui qui déclare qu’il sera Nazir le jour où le fils de David viendra devient immédiatement Nazir » (Rambam, Lois relatives aux Nazirat, ch. 4 § 11. Talmud Erouvine 43b). En effet, au niveau de la loi, chaque jour est potentiellement « le jour où le fils de David viendra ». On comprend de cette loi que la révélation de la « nouvelle Torah » n’est pas du domaine du lointain futur, mais peut se faire à tout instant.

Au début de la paracha, on parle du recensement de la tribu de Lévi qui avait la charge de porter les éléments du Sanctuaire dans le désert. À la fin de la paracha, on raconte l’inauguration du Tabernacle et de l’Autel. Il ressort de cela que même le « désert », un « endroit où l’homme ne réside pas », peut être pénétré par la résidence de la Présence Divine, comme ce sera le cas à l’époque messianique quand le monde entier se sanctifiera.

Dans la paracha, il est également fait allusion à une approche du service de D ieu de nature à amener à la révélation de la « Torah nouvelle qui sortira de Moi » : Il est connu que chaque Juif a en lui une étincelle de l’âme du Machia’h, c’est le niveau de « Yé’hida », cinquième et plus haut niveau de l’âme. Ainsi, en révélant la Yé’hida de chacun, on effectue la révélation de la Yé’hida collective, c’est-à-dire le dévoilement et la venue du Machia’h.

Cela apparaît au début de la paracha, dans le dénombrement des Enfants d’Israël qui exprime le lien essentiel qui les unit au Saint béni soit-Il au niveau de la Yé’hida, car « Il les compte à chaque instant du fait de Son amour pour eux  » (Rachi, début de la paracha Bamidbar). La paracha ne parle que du dénombrement de la tribu de Lévi, mais le Rambam a écrit que tout Juif peut se sanctifier et atteindre le niveau de la tribu de Lévi, celui de serviteur de D-ieu.

On trouve cette notion également à la fin de la paracha, dans l’union des Chefs de tribus pour apporter leurs sacrifices, car l’union des Enfants d’Israël provient de la Yé’hida qui est identique chez tous les Juifs. Ainsi, au début de la paracha suivante, Béaalotékha, on parle de l’allumage de la Ménora (le candélabre) qui fut taillée dans un unique bloc d’or. Ce détail fait allusion aux sept catégories des enfants d’Israël, représentées par les sept branches de la Ménora, qui sont intrinsèquement unies de façon parfaite et forment un bloc unique.

Et, simultanément, la qualité spécifique de la tribu de Lévi est ici mise en relief : Rachi explique en effet que la section sur l’offrande des Chefs de tribus est contiguë avec celle sur la Ménorah pour consoler Aharon, le Cohen Gadol, qui était triste de ce que sa tribu n’avait pas participé à l’offrande des princes. D-ieu lui déclara alors : « Ta part sera plus grande que la leur ! », s’agissant de l’allumage de la Ménorah. Néanmoins, la juxtaposition de cet épisode à l’offrande des Chefs de tribus indique qu’il y a un lien entre ces deux sujets : cela enseigne que cette qualité supérieure de la tribu de Lévi pénètre l’ensemble du peuple juif, comme l’a expliqué le Rambam cité plus haut.

Le renouvellement, dans les Pirkei Avot de ce Chabbat


Ce Chabbat, nous recommençons l’étude du premier chapitre des Pirkei Avot :

1. « Moché a reçu la Torah du Sinaï et l’a transmise à Yéhochoua ... » : le sujet de la transmission de la Torah de génération en génération qui devient la Torah de chaque individu lorsque celui-ci y révèle de nouveaux enseignements.

2. Avant d’évoquer le Don de la Torah au Sinaï, nous disons «  Tout Israël a une part dans le Monde Futur  », désignant le monde de la résurrection, ce qui souligne que l’objet principal du Don de la Torah sera réalisé dans le Monde Futur, lorsque « Une Torah nouvelle sortira de Moi. »

3. L’étude s’achève par le passage disant « Le Saint, bénit soit-Il, a souhaité rendre le peuple d’Israël méritant...comme il est dit ‘D-ieu a désiré, pour la vertu [d’Israël], rendre la Torah grande et glorieuse’  » Ceci évoque l’étude de la Torah pour elle-même, et non pour savoir comment agir, qui se fera essentiellement dans la « Torah nouvelle » des temps messianiques (car alors les Commandements de la Torah seront dévoilés et il ne sera plus nécessaire d’étudier pour savoir comment les accomplir parfaitement).

4 - L’union d’Israël qui est exprimée dans la phrase « Tout Israël a droit au Monde Futur » relève du niveau de la Yé’hida.

Le renouvellement, dans le sujet du Chabbat


Par ailleurs, le concept de renouvellement dans la Torah (« une Torah nouvelle sortira de Moi ») et dans le monde (« Les nouveaux cieux et la nouvelle terre ») est lié avec le jour du Chabbat, car, en ce jour, on interrompt les activités liées au monde pour se consacrer exclusivement aux sujets saints et à l’étude de la Torah. La raison en est que le Chabbat est particulièrement lié avec la Délivrance messianique, comme l’exprime le Psaume particulier du Chabbat : « מזמור שיר ליום השבת - Cantique du Chabbat » (Téhilim 92), « Cantique pour les temps futurs, au jour qui sera entièrement Chabbat et repos pour la vie éternelle. » (Talmud, fin du traité Tamid) Enfin, le Chabbat est lié à l’union d’Israël, car, selon la Halakha, c’est le où il convient de réunir des assemblées pour enseigner la Torah en public (Choul’hane Aroukh Harav Ora’h Haïm ch. 290 § 3).

* * *

À tout ce qui précède s’ajoute une qualité particulière spécifique à notre époque : le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Itshak, a annoncé que notre génération serait celle de la Délivrance. Cette année-ci en particulier, 5751, qui, dans son écriture hébraïque -תנש"א - forme le mot « s’élèvera » qui évoque le verset promettant que « Sa royauté s’élèvera  » (Balak 24, 7) et constitue également l’acronyme de « תהא שנת אראנו נפלאות - Ce sera une année dans laquelle Je vous montrerai des merveilles  » parmi lesquelles celles qui se sont déjà accomplies lors de la guerre du Golfe qui étaient annoncées dans le Midrache Yalkout Chimoni qui déclare : « L’année dans laquelle Machia’h se dévoilera toutes les nations se disputeront entre elles, le roi de Perse... un roi arabe... et Il leur dira (D-ieu à Israël) ‘Mes enfants, n’ayez crainte : tout ce que J’ai fait, Je ne l’ai fait que pour vous... Le temps de votre Délivrance est arrivé » (Yalkout Chimoni sur Isaïe, § 499) et, depuis lors (en particulier depuis le mois de Nissan, le mois de la délivrance), nous sommes au stade où, selon la suite de ce Midrache, « Au moment où le Machia’h viendra... il fera entendre aux Enfants d’Israël ‘Humbles ! Le temps de votre Délivrance est arrivé.’ »

Ceci est d’autant plus accentué que nous sommes au moment de la célébration du Don de la Torah qui est un moment propice pour le rapprochement de la Délivrance. En effet, le Talmud déclare sur la fête de Chavouot que le plaisir de cette fête est pour D-ieu et « נמי לכם - également pour vous  » (Talmud Pessa’him 68b), la valeur numérique de cette expression est celle du mot « קץ - la fin », qui désigne l’échéance messianique (Commentaire « Maamar Mordékhaï » sur le traité Pessa’him du Rabbi Mordékhaï de Nadvorna).

Et tout cela ressort encore plus dans le « Farbrengen » (fête ‘hassidique) supplémentaire exceptionnel de ce Chabbat, dans lequel ont été chantées les neuf mélodies de nos Rabbis. Puissent-elles marquer la conclusion de l’exil et que vienne la dixième mélodie, celle de Machia’h. Ce jour est donc favorable pour le dévoilement de la « Torah nouvelle qui sortira de Moi ».

L’action concrète


Concrètement, la préparation pour le dévoilement de cette Torah nouvelle est l’ajout dans l’étude de la Torah avec vitalité et plaisir, le développement d’enseignements nouveaux dans la Torah - ‘hidouchei Torah - selon la capacité de chacun, le renouvellement et l’ajout dans l’étude et la diffusion de la ‘Hassidout, la partie profonde de la Torah et l’étude approfondie d’une Michna du chapitre de Pirkei Avot de chaque Chabbat d’été avec les explications et les commentaires des Sages.

Puisse D-ieu vouloir que, de ces bonnes résolutions, nous méritions immédiatement la révélation de la « Torah nouvelle qui sortira de Moi », dans la Délivrance messianique, et alors Moïse, Aharon et tous nos Rabbis jusqu’au Rabbi précédent, accompagnés de tous les Tsadikim de toutes les générations précédentes seront là, avec tous les Enfants d’Israël de notre génération, des âmes qui résident dans des corps sans aucune interruption entre temps.

Et tous ensemble entendront la « Torah nouvelle », en terre sainte, à Jérusalem la ville sainte, sur la montagne sainte, dans le Temple et dans le Saint des Saints, « Sur le propitiatoire qui est sur l’Arche du Témoignage, entre les deux Chérubins » (fin de notre paracha).

Et le principal est que ceci soit immédiat, ce qui se dit « מיד - Myiad », mot qui est l’acronyme de Moché, Israël (le Baal Chem Tov, dont le dévoilement de l’enseignement amène la venue de) David, qui symbolise le Machia’h dont il est l’ancêtre. Et que ce soit concret, ce qui se dit « ממש - Mamach », c’est-à-dire tangible, ici-bas, Mamach Mamach .

 
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