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L’EDIT ROYAL - "DVAR MALKHOUT" DU CHABBAT BAMIDBAR 5751


Tout ce qui existe est pénétré de la volonté divine

mardi 30 mai 2006, par Redaction

Résumé du discours du Rabbi Chabbat Bamidbar, veille de Chavouot et deuxième jour de Chavouot 5751


Cette année (5751 - 1991 Ndt), le lien entre la fête de Chavouot et le jour du Chabbat est d’autant plus apparent que la fête tombe un dimanche, dans la continuité directe du Chabbat. En vérité, ce lien existe indépendamment du calendrier, car il est admis par tous les Sages du Talmud que la Torah fut donnée un Chabbat (Talmud Chabbat 86b).

Le repos : le dévoilement du but commun


La raison profonde de ce lien est la suivante : la définition du Chabbat est d’être le jour du repos - יום מנוחה et l’objet du don de la Torah fut également d’introduire le repos dans le monde.

Le monde, en effet, fut créé de façon à être perpétuellement sujet aux changements : en premier lieu les changements liés au temps (aussi bien du point de vue du temps universel (succession des jours, enchaînement du passé-présent-avenir) que de celui des changements et bouleversements que connaît individuellement chaque créature), mais aussi dans l’espace les différences qui existent d’un lieu à l’autre et qui exigent de voyager et de s’adapter à chaque endroit, ce qui est l’inverse du repos.

Quand la Création fut achevée le premier Chabbat, il fut soudain perceptible, malgré la grande diversité qui la caractérise, que celle-ci répond à une intention unique de la part du Créateur. Et lorsqu’il est apparent que toutes les créatures de la Création, aussi différentes puissent-elles être, participent d’une seule et unique finalité, cela introduit le repos dans toute la Création.

[Ceci et d’ailleurs visible dans le Chabbat qui est lié au repos aussi bien dans le temps que dans l’espace : il est en effet connu que le Chabbat constitue un degré qui est « au-dessus du temps », qui transcende le temps. C’est ainsi qu’il est suivi d’un nouveau cycle hebdomadaire qui recommence au début (dimanche, puis lundi, etc.). En effet, les jours qui suivent le Chabbat ne sont pas la continuation de la semaine précédente, car le Chabbat constitue une élévation au-delà du temps. Concernant l’espace, il est interdit de sortir du t’houm - תחום, la limite sabbatique (voir Exode 16, 29) (et la permission d’aller à sa guise à l’intérieur de cette limite est due au fait que ce territoire est considérée comme l’endroit inhérent à la personne et n’occasionne donc pas en soi de perturbation du repos).]

Ainsi, le repos est atteint lorsque dans tous les détails de la Création se révèle la raison de leur existence. Ceci se produit le Chabbat et, de façon optimale, lors du Don de la Torah, car cet événement constitua l’objectif pour lequel le monde avait été créé. C’est à ce moment que cet objectif fut ressenti dans le monde entier, engendrant un état de repos véritable.

Et ceci est également perceptible dans la nature humaine : quelqu’un qui ne trouve pas de sens ou de but à sa vie est perturbé et ne connaît pas de repos. La tranquillité de l’âme et le repos du corps dépendent de la perception que l’on a de la raison de son existence. Et lorsque ceci est atteint, cela apporte du repos à l’univers entier.

Étendre le repos à toutes les dimensions du monde


Le but, cependant, est que ce repos se propage aux dimensions de l’existence - espace et temps - marquées par l’instabilité et le changement. Ceci, à l’image du Chabbat qui étend sa bénédiction sur les jours de la semaine lors desquels on est investi dans des activités marquées par les changements et les mouvements qui caractérisent le monde.

En d’autres termes : bien que le service divin connaisse différents degrés et étapes, sa perfection est atteinte quand on ressent dans tous les aspects de la vie juive le principe formulé ainsi par le Talmud : « Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur. »

Une intention unique dans le service divin


Ceci se reflète dans la façon dont nous devons accomplir les Commandements divins : si, d’un côté, il y a 613 Commandements distincts les uns des autres, ils ont tous en commun d’être l’accomplissement de la volonté divine, ce qui est exprimé dans les mots de la bénédiction « ...Qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonné de... »

C’est la raison pour laquelle la Michna, citée au début du Choul’hane Aroukh, dit « (Sois hardi comme le léopard, vif comme l’aigle, rapide comme le cerf et fort comme le lion) pour accomplir la volonté de ton Père aux Cieux. » (Avot 5, 20) Il y est dit « la volonté de ton Père  » et non « les Commandements de ton Père », car, contrairement aux « Commandements » qui diffèrent dans leurs fonctions et leurs modalités, la « volonté » dépasse toute notion de division et de classification : c’est une même volonté qui est à l’origine de l’ensemble des Commandements.

En effet, la volonté est une force primaire de l’âme qui ne connaît pas de variations. Ainsi, lorsqu’une personne veut quelque chose qui est constitué de différents éléments, chacun de ceux-ci est l’objet de la même volonté que les autres. De même, lorsque la volonté s’applique à différentes choses, elle est la même dans chaque cas : on veut ou bien on ne veut pas. Ainsi, « accomplir la volonté de ton Père » désigne un service de D-ieu dans lequel tous les Commandements sont accomplis dans un même esprit : celui de faire la volonté de D-ieu.

L’unité dans l’amour de D-ieu


Le Commandement d’aimer D-ieu, qui inclut en lui tous les Commandements positifs (les obligations), est porteur du même enseignement :

D’un côté, l’amour implique le mouvement et le changement, aussi bien matériellement que spirituellement. Matériellement, le cœur bat dans un mouvement de va-et-vient qui est la condition de l’afflux de sang aux différents membres du corps. Il en va de même spirituellement : le service lié à l’amour (qui est lié au cœur, siège des sentiments - מידות) connaît également un mouvement de va-et-vient,רצוא ושוב. La volonté de s’extraire des limites de la nature pour s’attacher à D-ieu entraîne le retour vers le monde et l’investissement de soi dans les processus naturels, ce qui entraîne ensuite une nouvelle élévation et ainsi de suite, dans un cycle perpétuel.

D’un autre côté, le Sefer Yetsira dit à ce propos « אם רץ לבך, שוב לאחד - Si ton cœur s’emporte, reviens à l’unique. » Nous avons dit que l’amour se définit comme un mouvement de va-et-vient qui est un enchaînement permanent de deux mouvements opposés. Or, il est ici demandé de revenir à une dimension unique !

Loin de constituer une contradiction, ceci enseigne que la perfection du service de D ieu est atteinte lorsque, à l’intérieur de ce service qui implique des élans de sens différents, on parvient à ressentir la dimension « unique » commune à toutes les manifestations de la volonté divine. C’est le sens des mots du Sefer Yetsira : lorsque le cœur « s’emporte » (רצוא), il faut être conscient que le sujet du « retour » (שוב) qui suit ne constitue pas uniquement une étape du cycle dont le rôle est d’amener à un degré d’élévation (רצוא) encore plus intense. Il faut en effet savoir que le but est de « revenir à l’unique », c’est-à-dire l’accomplissement de la volonté divine dont la caractéristique est d’être « une », par delà toutes les différences qui existent entre « l’aller » et le « retour », le « va » et le « vient ».

Et l’objectif, comme nous l’avons dit précédemment, est que cela pénètre les différents aspects du service divin et les différents élans du cœur, « l’aller » comme le « retour ».

Comment y parvenir ? : la « prière du pauvre »


Ceci peut être atteint à travers l’effacement de soi (ביטול) devant D-ieu, lorsque l’homme ressent que l’unique objet de son existence est de servir son Créateur. C’est cette conscience qui le pousse ensuite à vouloir s’attacher à D-ieu.

Ceci est illustré par l’enseignement de la ‘Hassidout sur le verset des Psaumes « תְּפִלָּה לְעָנִי כִי-יַעֲטֹף וְלִפְנֵי ה’ יִשְׁפֹּךְ שִׂיחו - Prière d’un pauvre qui se sent défaillir et déverse sa plainte devant l’É-ternel » (Téhilim 102, 1) La prière du « pauvre » est caractérisée précisément par le fait qu’il « déverse sa plainte devant l’É-ternel », c’est-à-dire que, du fait de son extrême humilité, il s’adresse à D-ieu Lui-même.

En effet, il existe une différence entre le riche et le pauvre dans leur rapport au roi : le riche ayant une vaste connaissance de tout ce qui a trait à la richesse, a tendance à rechercher le déploiement de richesses, le faste et la magnificence qui caractérisent le cortège du roi lorsque celui-ci sort de son palais, au lieu de solliciter une audience privée avec le roi dans ses quartiers royaux. Le pauvre, de son côté, n’ayant aucune appréhension du déploiement du faste royal, ne demande qu’une chose : pouvoir rencontrer le roi en privé.

Cette métaphore nous éclaire sur le service divin :

Celui qui est riche spirituellement appréhende la grandeur de D-ieu à travers sa connaissance de l’enchaînement des mondes supérieurs (סדר השתלשלות), des anges et des Séfirot (les Attributs Divins). De ce fait, il se peut que sa prière soit de bénéficier de telles révélations, y compris dans le cadre du service divin, de trouver « de l’argent et de l’or spirituels », c’est-à-dire l’amour et la crainte de D-ieu. Cependant, malgré la grandeur de tels niveaux, ils sont caractérisés par leur diversité et non par le « retour à l’Unique », l’Essence Divine qui est au-delà de toute division. Et, dans la mesure où il ressent les distinctions entre tous ces niveaux spirituels, il ne peut connaître de « repos » et de tranquillité véritable, car, comme nous l’avons dit, le repos est conditionné par l’absence de changements et de divisions.

Le pauvre, en revanche, de par son effacement devant D-ieu et son ignorance des dévoilements qui ont lieu dans les sphères supérieures, la démarche de sa prière est de « déverser sa plainte devant l’É-ternel », devant D-ieu Lui-même, l’Essence Divine qui transcende et dépasse tous les degrés des mondes célestes, y compris les Séfirot. Grâce à cela, le pauvre s’attache à D-ieu, au point d’arriver au niveau où « le serviteur du roi est un roi » (Sifri et Rachi sur Deutéronome 1, 7. Talmud Chvouot 47b) et de mériter ainsi les richesses liées à la royauté, mais de façon à ce que même dans les différents degrés de l’enchaînement des mondes on ressente l’unité de D-ieu et que dans le lieu soumis au changement et au mouvement il y ait le repos dans toute sa plénitude.

La perfection du foie


Ceci est également perceptible dans le terme hébraïque pour « roi », « melekh - מלך ». Le mot melekh est composé des lettres mem - מ’, lamed - ל’ et khaf - ך’ qui sont respectivement les initiales des mots moa’h - מוח, le cerveau, lev - לב, le cœur et caved - כבד, le foie. Le cerveau et le cœur représentent les deux opposés que nous avons mentionnés précédemment : le cerveau est inerte, au « repos », alors que le cœur est perpétuellement en mouvement, à l’instar des sentiments qui sont en constant mouvement de va-et-vient. Et, grâce à l’effacement et à l’humilité du serviteur, celui-ci devient lui-même un « roi », melekh, chez qui le mem, le cerveau à préséance sur le lamed, le cœur, et ainsi l’union de ces deux sujets est effectuée : le repos du cerveau imprègne le mouvement du cœur, de sorte que « le cerveau domine le cœur », en définitive non par la contrainte, mais par la révélation d’une volonté profonde.

Et la force de parvenir à cette union provient de l’effacement du serviteur, qui lui permet de parvenir jusqu’au niveau du roi lui-même, la volonté, qui, comme nous l’avons dit plus haut, dépasse toute division (y compris le niveau représenté par le cerveau qui, bien que représentant le repos, connaît néanmoins une variété de degrés). Ceci procure la force de propager le véritable repos (« מנוחה שלימה ») dans toutes les forces de l’âme et les aspects de sa personnalité, en associant le repos du cerveau et le mouvement du cœur.

Cet état est représenté par caved, le foie, dans lequel se fige le sang qui provient du cœur : il y a donc là l’association du mouvement (le sang qui vient du cœur) et du repos (le sang est figé).

Ce qui s’est passé lors du Don de la Torah


Ce sujet, le dévoilement de l’Essence Divine à travers l’effacement des Enfants d’Israël, s’est manifesté lors du Don de la Torah. En effet, l’intense révélation divine qui eut lieu à ce moment, exprimée par le verset « אַתָּה הָרְאֵתָ לָדַעַת - A toi, il a été donné de voir » (Deutéronome 4, 35), découla de l’effacement des Enfants d’Israël qui s’exprima lors qu’ils déclarèrent « nous ferons puis nous comprendrons », faisant précéder l’action à la compréhension. Ceci constitua le couronnement du Roi, le Midrache relatant que, par cette déclaration, les Israélites donnèrent des « couronnes » à D-ieu.

Effectivement, lors du Don de la Torah, il y eut d’abord le principe d’acceptation de la royauté divine par les Enfants d’Israël, principe unique qui dépasse les divisions, puis ensuite l’acceptation des Commandements dans tous leurs détails. Ainsi en est-il également de la Torah : elle est, d’une part, une révélation divine venant d’En-Haut, mais ensuite « לא בשמים היא - elle n’est plus aux cieux » et se décline en fonction des limites du monde ici-bas et selon l’appréhension que l’esprit humain des Enfants d’Israël peut en avoir, en fonction de leur appréciation de la situation. Et précisément, ici, dans le monde matériel, on amène le sujet du « repos » tel qu’il découle de la Torah.

On retrouve cela dans ce qui a constitué la préparation des Enfants d’Israël au Don de la Torah : le compte du Omer. Après avoir compté chaque degré, ce qui fut un service divin marqué par le changement et le déplacement, il arrivèrent au cinquantième jour, celui de la révélation du Don de la Torah, mais simultanément il reçurent le dévoilement de tout l’enchaînement des mondes, matériellement et spirituellement, et tout était pénétré d’un même sentiment, le « retour à l’Unique ».

Ce qui ressort de la date de Chavouot en 5751


Du fait que cette année Chavouot, la fête du Don de la Torah, tombe le lendemain de Chabbat, découlent deux sujets majeurs :

Chaque Chabbat, le repos se fait dans toute la Création comme ce fut le cas lors du premier Chabbat du monde et chaque dimanche, la Création tout entière prend un nouveau départ. De même, chaque année, la Torah est donnée de nouveau le jour du Don de la Torah. Ainsi, lorsque l’on passe directement du Chabbat à la fête de Chavouot, il se passe deux choses essentielles : a. la préparation au Don de la Torah est le repos du Chabbat, ce qui amplifie d’autant le repos effectué par le Don de la Torah. b. l’accent est mis sur le fait que le repos du Don de la Torah pénètre dans la diversité du monde, car le monde fut créé le dimanche.

Il y a un lien également avec la paracha Bamidbar : la Torah fut donnée précisément dans le désert, ce qui souligne que la Torah pénètre jusqu’aux endroits qui représentent l’inverse du repos, tel le désert qui est un lieu inhabitable.

Ceci est lié également avec le sujet qui ouvre la paracha  : le décompte des Enfants d’Israël. En effet, le dénombrement a pour effet de révéler l’importance particulière de chaque individu (raison pour laquelle « une chose qui est habituellement comptée à la pièce ne peut être annulée » - Talmud Betsa 3b), ce qui exprime la pérennité du peuple juif, et inspire le repos. Et ce recensement fut mené dans le désert, amenant le repos dans un lieu hostile au repos.

L’enseignement pratique


Chaque année, les Juifs doivent recevoir de nouveau la Torah comme s’ils la recevaient pour la première fois (« Les paroles de la Torah doivent être pour toi toujours nouvelles » - Rachi sur Exode 19, 1) de façon à ce que ceci soit bien compris et intégré dans leurs esprits.

Et ceci conduit chaque Juif à effectuer un renouveau dans son service de D-ieu, y compris dans son étude de la Torah, aussi bien dans la quantité que dans la qualité. Aussi bien dans les études générales - celle des Pirkei Avot durant tous les Chabbats de l’été, en approfondissant au minimum une Michna, l’étude du ‘Hitat (‘Houmach, Téhilim, Tanya) et du Rambam quotidiens, que dans les études particulières que chacun se fixe selon ses capacités. De même, un ajout dans la publication et la diffusion sous forme imprimée de ‘hidouchei Torah, de commentaires personnels sur la Torah et le Talmud. Chacun a, en effet, un devoir de contribuer à cela, car chaque Juif possède sa part dans la Torah. En outre, ce sujet est particulièrement important dans notre génération, car, bien qu’il faille être prudent lorsqu’il s’agit de faire des ‘hidouchim, le dépérissement spirituel progressif des générations impose que l’on recherche tous les moyens possibles pour amplifier l’étude de la Torah. Or, il est visible que la publication de ‘hidouchim engendre une augmentation de l’étude de la Torah, aussi bien chez celui qui les produit que dans son entourage et chez tous ceux à qui les ‘hidouchim parviendront - « envier les Sages augmente la sagesse » (Talmud Baba Bathra 21a).

Et grâce à tout cela, nous parviendrons bientôt au repos dans toute sa perfection, lors de l’ère messianique, dénommée « le jour qui sera entièrement Chabbat et repos pour la vie éternelle », quand disparaîtra l’exil des Enfants d’Israël (qui est l’inverse du repos).

Et tout ceci de façon immédiate, ce qui se dit myiad - מיד, mot constitué des initiales de Moché, Israël (le Baal Chem Tov) et David, les trois bergers du peuple juif liés à la fête de Chavouot.

Et le roi Machia’h viendra nous délivrer et nous lui dirons tous « שלום עליכם - Que la paix soit sur vous », « sur vous » au pluriel, car il inclut toutes les âmes de tous les Juifs de la génération de la Délivrance, et il répondra à chacun en particulier « עליכם שלום - Que sur vous soit la paix », (« sur vous » au pluriel, car il saluera l’ensemble des bonnes actions de chaque Juif) et « עליכם שלום - Que sur vous soit la paix » à tout le peuple juif dans son ensemble.

Et l’essentiel, c’est que ceci soit immédiat - myiad.

 
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