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L’EDIT ROYAL - "DVAR MALKHOUT" DU CHABBAT BEHAR-BE’HOUKOTAÏ 5751 :


Pour amener la Délivrance : associer humilité et intensité

jeudi 18 mai 2006, par Redaction

Résumé du discours du Rabbi Chabbat Behar-Be’houkotaï,
Mevarkhim ‘hodech Sivan 5751


L’un des principaux jalons dans la marche du peuple juif vers le don de la Torah fut marqué par son arrivée au désert du Sinaï (מדבר סיני) à la date du premier Sivan.

En effet, le désert du Sinaï est intrinsèquement lié au don de la Torah, comme il est dit dans la Michna « Moché à reçu la Torah du Sinaï  » (Avot chap. 1). En outre, la Torah fut donnée volontairement dans un désert, lieu ouvert à tous, pour enseigner qu’elle est accessible à chaque Juif. Ainsi, l’arrivée des Enfants d’Israël au désert du Sinaï le premier Sivan signifia-t-elle que le moment de recevoir la Torah était venu.

C’est également pour cette raison que la paracha Bamidbar Sinaï (« Dans le désert du Sinaï ») est toujours lue à la synagogue le Chabbat qui précède la célébration du don de la Torah à Chavouot.

La Torah n’est pas Hefker !


Le désert est un lieu abandonné (הפקר - « Hefker »), c’est-à-dire qu’il n’appartient à personne. Il n’a même pas le statut de « domaine public ». C’est ainsi que quiconque peut y prendre ce qu’il souhaite.

Cependant, la Torah, elle, n’y a pas été « abandonnée » au point où il aurait fallu s’en « saisir » pour l’acquérir : elle nous y a été « donnée », passant de la propriété de D-ieu à celle de l’ensemble du peuple juif, de sorte qu’elle appartient à chaque Juif, même à un nourrisson qui vient de naître, et il n’est nul besoin d’« acquérir » la Torah.

On peut, dès lors, se demander pourquoi la Torah a été donnée précisément dans un désert, un lieu abandonné, alors qu’elle aurait pu l’être dans un « domaine public » qui appartienne à l’ensemble du peuple juif.

Sur la montagne et non dans le désert


Une autre paracha est liée avec le don de la Torah : il s’agit de « Behar-Be’houkotaï  » qui est généralement lue avant le premier Sivan.

Le Talmud relate que Ezra a institué qu’on lise dans les synagogues la paracha de Be’houkotaï avant la célébration du don de la Torah, car celle-ci évoque les bénédictions qui récompensent l’application des préceptes de la Torah et les malédictions qui sanctionnent leur négligence. Néanmoins, afin de ménager une coupure entre l’évocation des malédictions et la fête de Chavouot, on intercale avant celle-ci la paracha de « Bamidbar Sinaï  ».

Les noms des parachiot Béhar et Be’houkotaï sont aussi évocateurs du don de la Torah : « Béhar Sinaï - Au mont Sinaï », désigne, comme chacun sait, le lieu où la Torah fut donnée. Et « Bé’houkotaï - Dans mes préceptes » renvoie aux Dix Commandements qui furent gravés (« חקוקים » - ‘hakoukim, de la même racine que חוק - ‘hok : précepte) sur les Tables d’Alliance et qui incluent en eux toute la Torah.

Outre leurs noms, les contenus respectifs de ces deux parachiot sont liés au don de la Torah : la paracha Behar débute par le détail des lois de l’année sabbatique, précisant que ceci fut dit à Moïse sur le mont Sinaï. Les Sages déduisent de cela que les détails de l’ensemble des commandements divins ont été dits également au mont Sinaï. Quant à la paracha Be’houkotaï, elle s’achève par le verset « Tels sont les commandements que l’E-ternel donna à Moïse pour les enfants d’Israël, au mont Sinaï  ».

Il apparaît cependant que, dans ces deux parachiot, il est seulement fait mention du « mont » Sinaï et jamais du « désert » du Sinaï. Ceci doit être expliqué.

En outre, il convient de se demander pourquoi l’on attribue une telle importance au lieu précis dans lequel la Torah fut donnée. En effet, celle-ci exerce une influence dans le monde entier !

La raison à cela est que ce lieu a précisément pour vertu de souligner la portée universelle de l’action de la Torah.

La Torah révèle la nature profonde du monde


Le cinquième chapitre des Pirkei Avot, que nous étudions ce Chabbat, débute par la Michna qui commence : « Le monde fut créé par dix paroles... » Le Zohar enseigne que si ces « dix paroles » ont effectué la création monde, les « Dix Commandements » assurent sa continuité. En effet, le monde fut créé pour la Torah et l’étude de celle-ci assure sa pérennité et y établit la paix (« כל התורה נתנה לעשות שלום בעולם »).

On peut résumer cela ainsi : les « Dix Commandements » révèlent les « dix paroles ». C’est-à-dire qu’à travers l’étude de la Torah (les « Dix Commandements »), on révèle que le monde n’est pas une entité distincte qui voile le Créateur, mais que, au contraire, son existence provient exclusivement des « dix paroles » que D-ieu émet en permanence. En effet, s’Il venait à les suspendre ne serait-ce qu’un instant, la Création disparaîtrait totalement, retournant au néant absolu. Dès lors, l’existence du monde révèle le Créateur.

Un et dix


La Michna poursuit : « Le monde fut créé par dix paroles. Il aurait pourtant put être créé par une seule parole... Ce fut ainsi afin de punir les méchants qui détruisent le monde qui fut créé par dix paroles, et pour récompenser les justes qui maintiennent le monde qui fut créé par dix paroles  ».

Néanmoins, si le monde avait pu être créé avec une seule parole, pourquoi les méchants doivent-ils pâtir du fait que D-ieu ait souhaité abonder en paroles créatrices. Et pourquoi les justes devraient-ils en bénéficier ?

Le fait est que la création du monde s’est faite en deux étapes : D-ieu a d’abord créé la matière du monde ex nihilo par l’émission d’une seule parole, puis, à travers les dix paroles, Il a façonné cette matière, de manière à créer l’univers et tous les mondes dans toute leur diversité.

Ces deux étapes véhiculent des contenus différents :

Celle qui n’a impliqué qu’une seule parole a mis en relief la force du Créateur de créer la matière à partir du néant, alors que les créatures n’avaient, à ce stade, pas encore d’existence.

Celle qui a mis en jeu dix paroles a mis en avant l’existence et l’importance du monde et de l’étonnante diversité de créatures qu’il contient. Ces dix paroles sont en effet l’expression des dix Sefirot, les dix Attributs Divins, qui ont imprimé dans le monde dix qualités génériques qui sont à la source de toutes les qualités qui peuvent s’exprimer dans la Création.

Au-delà du monde, dans le monde


Ces deux aspects, symbolisés par la création « par une seule parole », ou bien « par dix paroles », se retrouvent aussi dans le thème du don de la Torah :

Il est écrit à ce sujet dans les Psaumes « אחת דיבר אלוקים, שתים זו שמעתי - Une fois, D-ieu l’a énoncé ; deux fois je l’ai entendu » (Téhilim 62, 12).

Ce verset indique d’abord que la Torah est la sagesse divine qui ne fait qu’un avec D-ieu et qui demeure totalement au-delà de la création. C’est l’aspect de la Torah qui est exprimé par les mots «  Une fois, D-ieu l’a énoncé » et qui est parallèle à la création « en une parole ».

Ensuite, le verset exprime que la Torah est descendue dans le monde et qu’elle s’applique à l’homme dans tous les détails de sa vie quotidienne (comportant 613 commandements par rapport aux 613 membres et tendons du corps humain). C’est cette existence de l’homme et cette diversité qui sont exprimées par les mots «  deux fois je l’ai entendu », parallèle à la création « en dix paroles ».

C’est en prononçant la bénédiction quotidienne relative à l’étude de la Torah que l’on exprime le premier aspect de la Torah (« une parole »), car cette bénédiction exprime la soumission et l’effacement devant Celui qui donne la Torah. Cela a pour effet de révéler à l’intérieur du monde la force créatrice de D-ieu qui crée ex nihilo, et, par conséquence, de provoquer la soumission du monde envers son Créateur.

Puis, à travers l’étude de la Torah jusque dans les moindres points de détails de ses lois (son aspect « dix paroles ») qui investissent le monde jusque dans ses moindres détails, on révèle que les qualités que celui-ci présente sont celles des « dix paroles » de la création divine, elles-mêmes issues des dix Sefirot, l’essence de la sainteté.

Autrement dit : la « parole unique » effectue la soumission et l’effacement du monde vis-à-vis de D-ieu, provoquant son élévation (« העלאה ») d’un état d’existence à un état plus élevé de non-existence et de fusion avec D-ieu ; les « dix paroles », en revanche, sanctifient le monde en y faisant descendre (« המשכה ») la révélation de l’essence de la sainteté.

L’avantage de cette dernière approche est que les « dix paroles » sanctifient le monde tel qu’il se trouve. Son inconvénient est que le dévoilement divin qui s’y fait (la divinité limitée à son rapport au monde) est plus bas que dans la première approche (la divinité qui transcende le monde).

La plénitude est atteinte en associant les qualités des deux approches : lorsque la divinité qui dépasse le monde se révèle à l’intérieur du monde. Celui-ci, avec ses limitations, sera alors une « demeure » pour l’Essence Divine, c’est-à-dire même pour les degrés du divin qui transcendent le monde (דירה בתחתונים).

Dans les étapes préparatoires


Ces deux modalités d’action de la Torah dans le monde se retrouvent dans les étapes préparatoires au don de la Torah : Pessa’h et le compte du Omer.

Lors de la sortie d’Égypte, à Pessa’h, c’est D-ieu Lui-Même, l’Essence Divine qui dépasse le monde, qui s’est révélé et qui est descendu vers les Enfants d’Israël. Cependant, il n’y eut pas alors l’union parfaite de ce degré divin avec le monde et les Enfants d’Israël.

Ceci fut l’objectif du compte du Omer, qui débuta le lendemain de Pessa’h, à savoir faire descendre ici-bas le dévoilement de l’Essence de D-ieu de façon à éclairer et à pénétrer le monde (« וספרתם - ousfartem : Et vous compterez... » est de la même racine que ספיר - le saphir brillant, ce qui enseigne que le compte du Omer a pour objet de faire briller la divinité dans tous les aspects de sa personnalité).

Il est intéressant de noter que cette année (5751, Ndt), les semaines du compte du Omer qui indiquent le dévoilement de l’Essence Divine commencent le dimanche et s’achèvent le Chabbat, ce qui souligne encore plus que la révélation divine pénètre le monde, jusque dans ses cycles temporels habituels.

Le dévoilement de l’Essence - par la préparation et l’effacement


Le dévoilement de l’Essence Divine dans le monde est particulièrement souligné dans le compte du Omer qui est fait le jour de Roch ‘Hodech Sivan, le premier jour de Sivan. En effet, ce jour-là on achève six semaines dans le Omer additionnée des trois premiers jours (qui représentent les trois Sefirot principales ‘Hessed, Guévoura et Tiféret) de la septième et dernière semaine, ce qui fait en tout quarante-quatre jours dans le Omer :

Le rôle du compte du Omer étant de corriger et d’illuminer le monde et l’homme, de raffiner les mauvais traits de caractères qui peuvent exister, ceci est essentiellement effectué au cours des quarante-quatre premiers jours qui corrigent et « grandissent » les attributs de l’âme animale de l’homme. Une image de cela est le sang (en hébreu « דם - dam » dont la valeur numérique est 44) de la mère qui va se changer en lait pour alimenter le nourrisson et lui permettre d’atteindre l’étape où il pourra manger du pain par ses propres moyens. De la même manière, ces quarante-quatre jours permettent ensuite de recevoir la Torah, qui est comparée au pain.

Et à travers cette préparation de quarante-quatre jours qui terminent Roch ‘Hodech Sivan, et après l’effacement total devant D-ieu qui se fait le jour de Roch ‘Hodech lui-même, symbolisé par le moment où la lune réapparaît après avoir totalement disparu, il devient alors possible d’atteindre « שער החמישים - la cinquantième porte », le degré où l’Essence Divine qui transcende le monde se révèle dans l’homme et dans le monde entier.

(Le jour de Lag Baomer, dans lequel on achève de parfaire les attributs principaux et auquel on parvient à l’annulation de soi devant D-ieu, la lumière divine qui est au-delà du monde brille également, sous forme du dévoilement de פנימיות התורה - les profondeurs de la Torah.)

Un autre élément qui relie le premier Sivan avec le don de la Torah est le fait que l’on compte alors le quarante-cinquième jour, c’est-à-dire la valeur numérique de אדם - Adam :

44, valeur du mot « דם - dam », le sang, exprime comme nous l’avons dit la plénitude du raffinement de l’âme humaine (telle l’action du sang qui vivifie tous les membres). La Torah comportant de nombreuses lois ayant pour objet d’amener l’homme à sa perfection est aussi comparée parfois au sang. Vient ensuite « אדם - Adam » qui est דם - dam précédé de la lettre א’ - Alef, ce qui symbolise que la « parole unique » (Alef valant un), le degré de la divinité qui transcende le monde, pénètre à l’intérieur du monde, par la force de la prière et de l’effacement devant D-ieu qui caractérisent Roch ‘Hodech.

L’ego, l’humilité et la conjonction des deux


On retrouve ces deux sujets aussi dans la paracha Behar-Bé’houkotaï.

Dans Behar : « Har », la montagne, appelée dans la ‘Hassidout « la dimension végétale au sein du règne minéral (צומח שבדומם) », évoque l’élévation de degré en degré en fonction des différents aspects et détails de la vie, ce qui relève des « dix paroles ».

Dans Bé’houkotaï : comme nous l’avons dit, ce nom est lié avec la notion de gravure et évoque les lettres qui étaient gravées sur les Tables d’Alliance, qui ne font dès lors qu’un avec la pierre (à l’inverse de l’écriture classique dont l’encre est seulement déposée sur le support sans s’unir avec lui). On a ici l’évocation d’un degré d’unité non composite qui dépasse la notion de détail (la « parole unique »). Le moyen de parvenir à ce niveau élevé est de servir D-ieu en accomplissant sa parole comme un « ‘Hok », un décret sans appel, c’est-à-dire par l’effacement de soi.

Le fait que ces deux parachiot soient lues ensemble, le même Chabbat, au point où le quatrième appelé à la Torah commence sa portion avec la fin de Behar pour finir avec le début de Be’houkotaï, enseigne que le degré de divin qui est au-delà de la division pénètre à l’intérieur du monde dans sa diversité, dans tous ses détails.

À l’intérieur même de chacune de ces parachiot on trouve aussi des allusions à cela :

(Behar) Sinaï : « Sinaï » à la même valeur numérique (130) que « Soulam » qui signifie une échelle. En effet, l’échelle a pour but de relier le haut avec le bas.

Dans Be’houkotaï on trouve dans le mot « והתהלכתי - Et J’irais... » une allusion à une démarche progressive (הליכה) d’élévation vers de hauts niveaux à travers la prière, et à une démarche progressive dans le dévoilement de degrés élevés ici-bas grâce à l’étude de la Torah. Ces deux sortes de progressions ressemblent aux deux étapes de la création du monde : « une parole », qui évoque l’effacement de soi et l’élévation dans la prière, et « dix paroles », qui évoquent le dévoilement du divin ici-bas à travers l’étude de la Torah.

Également dans la paracha Bamidbar


Ce Chabbat, nous commençons à lire à l’office de Min’ha la paracha Bamidbar.

« מדבר - Midbar », qui signifie en hébreu « désert », est de la même racine que « דיבור - dibour », qui signifie « la parole ». Or la parole peut avoir deux directions : la parole de Torah, du haut vers le bas ; la parole de prière, du bas vers le haut.

En outre, le mot Midbar peut se lire de deux façons :

- « Médaber », qui signifie « celui qui parle » et souligne ainsi l’existence de l’homme, sa qualité et son importance lorsqu’il prononce des paroles de Torah, au point où il est écrit que D-ieu se tient face à lui et répète ce qu’il dit ! (le sujet des « dix paroles »).

- « Midaber », qui signifie « ce qui est dit », indiquant que la chose a été précédemment dite par D-ieu, comme dans la prière où nous demandons à D-ieu d’ouvrir nos lèvres pour que nos bouches répètent Sa parole (« ה’ שפתי תפתח ופי יגיד תהלתך »), ou dans l’étude lorsque celle-ci est menée de façon totalement effacée devant D-ieu qui est le degré de Torah qui dépasse l’homme (le sujet de la « parole unique »).

L’association de ces deux degrés est effectuée à travers un troisième niveau dans le sujet de « Midbar », la dimension positive du « désert » qui dépasse totalement l’homme et avec lequel il n’a aucun lien (à l’image du désert). Ce degré peut faire en sorte que le niveau de Torah qui dépasse l’homme pénètre et s’unisse avec l’homme qui étudie, avec son intellect et sa compréhension et même avec les commentaires et les explications (חידושים) issus de sa réflexion.

Pour se préparer comme il se doit au don de la Torah, il faut lire en premier lieu la paracha Behar-Be’houkotaï car l’accent y est mis sur le fait qu’il existe deux pôles dans la Torah (Behar - l’existence du monde dans sa diversité, Be’houkotaï - l’effacement et l’unicité qui transcende le monde). C’est aussi la raison pour laquelle cette paracha commence et s’achève par les mots « Behar Sinaï - Au mont Sinaï », car la montagne évoque le fait d’affronter une diversité de situations qui nous élève de degré en degré, comme nous l’avons dit.

Ensuite seulement, juste avant de célébrer la fête de Chavouot, nous lisons la paracha de Bamidbar dans laquelle l’accent est mis sur la réunion de ces deux pôles.

La Torah fut donnée précisément dans le désert


À la lumière de ce qui précède, nous pouvons maintenant comprendre pourquoi la Torah fut donnée dans le désert, lieu sans propriétaire, et non dans un « domaine public », un territoire possédé collectivement par le peuple juif :

Le domaine public, de par son appartenance à tous, symbolise le degré de la Torah qui est lié au monde, à l’homme, au « public », jusqu’à l’intégralité du peuple juif (conformément à la définition du domaine public selon laquelle il s’agit d’un lieu parcouru quotidiennement par six cent mille personnes, en référence aux six cent milles âmes génériques qui constituent le peuple juif), le sujet de « dix paroles ».

En revanche, le désert, lieu sans propriétaire, représente le degré de la Torah qui est sans lien avec le monde et qui en soi ne peut pas être donné à l’homme, car il ne fait qu’un avec le Créateur, une « parole unique ». Cependant, D-ieu a « abandonné » ce degré-là aussi, permettant à qui le souhaite de le recevoir également.

Ainsi la Torah a-t-elle été donnée dans le désert : afin d’enseigner que, pour recevoir pleinement la Torah, il est nécessaire de recevoir aussi le degré de la Torah qui transcende totalement le monde, le degré que l’on ne peut recevoir que s’il a été préalablement « abandonné » par D-ieu dans le désert.

La plénitude du don de la Torah sera atteinte lors de la Délivrance messianique lorsque, comme l’annonce la prophétie d’Isaïe « Une nouvelle Torah sortira de Moi  », (Isaïe 51, 4). Cette révélation proviendra « de Moi », c’est-à-dire de l’Essence Divine qui transcende le monde, et « sortira » de la propriété de D-ieu pour être « abandonnée » à qui voudra la recevoir.
D’après cela, on comprend également la suite du verset « Ce jour-ci, ils arrivèrent au désert de Sinaï [...] Et Israël campa là-bas... » (Yitro 19, 1-2) Il est écrit « campa » au singulier, ce qui enseigne qu’ils étaient alors unis « comme un seul homme, animé d’un même cœur », parvenant à la paix et à l’unité et haïssant la dissension, ce qui fut l’expression de leur profond effacement devant D-ieu (car la dissension provient de l’orgueil). Ceci explique pourquoi ce ne fut qu’à ce moment-là que l’on put dire que « le moment de donner la Torah » était arrivé.

Néanmoins, après l’effacement (ביטול), il est nécessaire que l’homme « reçoive » la Torah, de manière à ce que celle-ci s’unisse à lui, qu’elle devienne une partie de lui, afin que la partie de la Torah qui est en elle-même au-delà de l’homme pénètre dans toute son existence.

Cette double nécessité se retrouve dans la paracha Bamidbar  : d’un côté, le nom « Bamidbar - dans le désert » évoque l’effacement, car tout le monde peut piétiner le désert. D’un autre côté, le contenu de la paracha est le recensement des Enfants d’Israël, ce qui souligne la force de l’existence et l’importance du peuple juif en général et de chaque Juif en particulier.

Ces deux pôles se retrouvent également dans les deux raisons pour lesquelles on lit la paracha de Bamidbar avant la fête du don de la Torah :

La première raison est parce que la Torah fut donnée dans le Midbar, le désert, ce qui évoque l’effacement et l’humilité, comme nous l’avons dit.

La deuxième raison est de faire une coupure entre les malédictions de la paracha Be’houkotaï et la fête de Chavouot, ce qui met en avant la bénédiction et souligne que la Torah est la source de toutes les bénédictions, y compris celle de la Délivrance messianique qui interviendra précisément à travers l’existence des hommes qui ont reçu les forces de colmater les brèches qui entravent la Délivrance et d’y amener le א’ - Alef, D-ieu, transformant la גולה - Gola, l’exil, enגאולה Guéoula, la Délivrance.

* * *


Rassembler des communautés et amener les enfants à la lecture des Dix Commandements


Il y a deux choses importantes à réaliser, actuellement :

1. « להקהיל קהילות » - Rassembler des communautés : étudier et enseigner la Torah dans les synagogues et les lieux d’études le Chabbat, en particulier le Chabbat qui précède le don de la Torah.

2. Veiller à ce que tous les enfants juifs, y compris les nourrissons, soient présents à la synagogue lors de la lecture des Dix Commandements le jour de Chavouot.

On retrouve ici aussi les deux pôles précédemment évoqués, l’effacement et l’existence :

L’effacement, car, d’une part, chacun met son amour-propre de côté et s’unit avec un certain nombre d’autres Juifs pour écouter des paroles de Torah lors des « rassemblements », et en particulier lors de la lecture des Dix Commandements, lors de laquelle on s’unit même avec des petits enfants.

L’existence, car, d’autre part, on souligne que chaque Juif reçoit la Torah et l’étudie et la comprend à titre personnel, au point même de l’enrichir de ses propres réflexions selon ses capacités.

L’essentiel


L’essentiel est que la décision de rajouter dans l’unité du peuple juif en préparation au don de la Torah accélère l’avènement messianique et fasse que l’exil soit dissipé et que se fasse la Délivrance véritable par la venue du Machia’h, et il y aura alors la plénitude du don de la Torah « une nouvelle Torah sortira de Moi ».

Ce qui veut dire que dès le Chabbat qui bénit le mois de Sivan, Chabbat parachat Behar-Be’houkotaï, s’accomplira ce qui est relaté au début de la paracha Behar  : « Quand vous serez entrés dans le pays (d’Israël) », et au début de la paracha Be’houkotaï  : « Et la terre livrera son produit, et l’arbre des champs donnera son fruit », et comme l’ont annoncé nos Sages, la terre d’Israël produira des gâteaux et des vêtements précieux (traité Chabbat, 30b) et même les arbres stériles porteront des fruits, lors de l’ère messianique.

Ensuite, nous arriverons à la paracha Bamidbar dans laquelle il est question du recensement des Enfants d’Israël, ce qui évoque la sortie de chaque membre du peuple juif de l’exil et sa rentrée dans le monde de la Délivrance, par le fait que le Machia’h va se dévoiler et nous verrons alors qu’il se trouve déjà parmi nous et chacun pourra alors le désigner du doigt et dire « voici le roi Machia’h, il est venu ! »

Alors, nous fêterons le don de la Torah dans le Beth Hamikdache, le Temple, dans le Saint des Saints, avec les Tables d’Alliance, et nous entendrons la « nouvelle Torah » de la bouche du Machia’h, et de D-ieu Lui-Même, immédiatement et sans plus attendre, תיכף ומיד ממש.

 
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