Admin   Plan du site   Liens   Contact Admin
Accueil >>  1. "Vivre" la venue de Machia’h >>  Résumés des discours du Rabbi de 5751 et 5752

A’HAREI-KÉDOCHIM 5751 :


Qu’est-ce que la Délivrance ?

dimanche 7 mai 2006, par Redaction

Résumé du discours du Rabbi Chabbat A’harei-Kédochim, le 13 Iyar 5751


Dans les discours précédents, nous avons parlé de la Délivrance messianique que nous attendons chaque jour et de la tâche que chacun doit accomplir afin de la déclencher. Suite à cela, il est opportun de clarifier la notion même de Délivrance, ce qui aidera à comprendre quel doit être le travail de chacun pour la faire venir et permettra de s’y préparer.

Le nom « Guéoula » exprime son contenu


Il est un principe connu selon lequel la nature de chaque chose est exprimée par son nom. Ainsi, pour appréhender la nature de la Délivrance messianique et, à travers cela, pour savoir comment s’y préparer comme il se doit, il est utile de réfléchir sur son nom dans la langue sainte : la Guéoula. Parmi toutes les expressions que la Torah emploie pour désigner la sortie de ce dernier exil, c’est en effet ce terme qui est le plus souvent employé, du fait qu’il exprime la nature profonde de la Délivrance.

Or, la construction de ce terme comporte un aspect des plus étonnants : le mot Guéoula - גאולה est composé dans sa majorité des lettres du mot Gola - גולה qui signifie l’exil ! Ce n’est qu’en ajoutant la lettre alef - א à Gola que l’on obtient le mot Guéoula.

Le Midrache (Vayikra Rabba fin du chap. 32) enseigne d’ailleurs que dans le verset de Zacharie 4, 2 qui mentionne le terme Gola, les avis des Sages sont partagés : l’un le traduit comme « l’exil », l’autre, comme « Guéoula », la Délivrance. Dans la ‘Hassidout il est enseigné que la lettre alef qui s’ajoute aux lettres de Gola pour former Guéoula désigne « Aloufo chel olam », « le Maître du monde », dont la révélation transforme la Gola en Guéoula, l’exil en Délivrance.

Sachant cependant que le nom dévoile la nature de la chose, comment est-il possible que deux notions aussi opposées que l’exil et la Délivrance soient véhiculées par des termes quasi identiques ?

La « Guéoula » délivre la réalité de la « Gola »


Néanmoins, c’est précisément dans cet antagonisme apparent que se trouve la réponse à cette question : la Guéoula ne signifie pas l’abandon de la vie, des modalités d’action et du monde tels qu’ils existent en temps d’exil. Au contraire, la Délivrance, comme son nom l’indique, n’a pour objet que de libérer la réalité que nous connaissons.

La particularité de la Délivrance messianique est qu’elle sera totale : absolument tout sera délivré, rien ne restera « perdu » dans l’exil. Même ceux que les Prophètes ont qualifiés de « repoussés - נדחים » et de « perdus - אובדים » seront délivrés, aussi bien quantitativement que qualitativement. Tous les accomplissements positifs de l’Humanité tout entière seront libérés, car le voile qui recouvre la nature profonde de toute chose sera levé, ce qui annulera leur asservissement aux lois de la nature et de la matière.

Tel est le sens de la loi formulée par la Rambam (Maïmonide) dans les « Lois relatives aux Rois » selon laquelle lors de l’ère messianique « le monde fonctionnera comme auparavant [...] Les Sages ont enseigné que ce qui distinguera l’ère messianique de l’exil sera l’absence d’asservissement aux gouvernements des Nations, » car « tous reviendront à la véritable religion, » et le Machia’h « apprendra au monde entier à servir D-ieu de concert. »

Tout ceci est effectué en révélant à l’intérieur de tout ce qui est plongé dans l’exil la lettre alef, à savoir le Maître du monde, c’est-à-dire la divinité qui est cachée à l’intérieur de toute chose. Lorsque l’on retire ce voile et que l’on révèle que la vérité profonde et la finalité de toute la Création sont d’exprimer la gloire de D-ieu (« כבודו »), alors l’exil - גולה devient automatiquement la Délivrance - גאולה.

La « deuxième période » de l’ère messianique dépend aussi du rapport Gola/Guéoula


L’élévation et la libération de la réalité en exil à travers le dévoilement du « Maître du monde » n’est pas un aspect parmi d’autres de la Délivrance messianique : c’est là toute son essence. C’est pour cela que le terme Gola/Guéoula s’applique également à la seconde période de l’ère messianique qui - même d’après le Rambam - sera caractérisée par un « changement du fonctionnement du monde », à commencer par la résurrection des morts.

C’est-à-dire que, bien qu’à ce moment-là les paramètres de l’exil n’auront plus aucune espèce d’emprise sur la réalité, celle-ci portera quand même le nom de Gola/Guéoula.

Le travail dans le monde inférieur révèle l’Essence de D-ieu


Pour comprendre cela, il est nécessaire de clarifier en premier lieu la finalité de la Création du monde, d’après ce qui est enseigné aux chapitres 36 et 37 du Tanya :

« Le Saint béni soit-Il a eu le désir d’une demeure dans le monde inférieur ». Cela signifie que la descente de l’« âme divine » ici-bas et la création du monde matériel qui est la plus basse réalité qui soit, ont pour objet de satisfaire au « désir » de D-ieu. Ainsi, lorsqu’un Juif raffine son corps et son « âme vitale » ainsi que la matérialité du monde qui l’entoure à travers un comportement adéquat, tout ceci devient une « demeure » pour D-ieu. C’est pour cette même raison que la plupart des Mitsvot (les commandements divins) impliquent des objets matériels : afin de les raffiner spirituellement, tout comme le corps physique de celui qui accomplit la Mitsva.

Il ressort de cela que la descente dans ce monde-ci et le contact que l’on entretient avec celui-ci ne constituent pas un aspect secondaire du service divin du peuple juif. C’est, au contraire, la finalité de l’existence, qui conditionne la plénitude aussi bien de la satisfaction de D-ieu, que de l’existence de l’homme, comme dit le Tanya « וזה כל האדם ותכלית בריאתו... להיות לו דירה בתחתונים - Telle est toute la finalité de l’homme et de sa création... qu’il y ait une demeure pour D-ieu ici-bas. »

Ceci permet de comprendre pourquoi l’âme divine, qui est dans sa source au summum de la pureté (« טהורה היא »), doit descendre dans un endroit caractérisé par l’inverse absolu de la pureté, au point qu’elle ait besoin d’être protégée par D-ieu (« Et Tu la gardes au-dedans de moi - ואתה משמרה בקרבי »). En effet, il est a priori difficile de comprendre comment D-ieu qui est le Bien absolu et dont la nature est de faire le bien, a pu créer une vie dans laquelle l’âme doive connaître une telle déchéance ? Néanmoins, d’après ce qui a été dit précédemment, il apparaît que c’est précisément en se trouvant ici-bas que l’âme peut réaliser sa mission de « faire une demeure pour D-ieu dans le monde inférieur », car c’est elle qui amène le dévoilement de l’Essence de D-ieu dans le monde inférieur. Cette finalité ne pourrait pas être concrétisée si l’âme restait En-Haut.

En outre, c’est précisément à travers son action ici-bas que l’âme peut s’élever. Il y a, en cela, deux aspects :

1. L’âme parvient à un degré plus élevé que celui qu’elle connaissait auparavant, et sa véritable force se dévoile.

2. Et surtout : elle devient liée au dévoilement de l’Essence Divine qui se fait à travers la réalisation de la « demeure » pour D-ieu ici-bas.

Ainsi, il y a là un grand bienfait pour l’âme elle-même. C’est pourquoi la Michna enseigne qu’« Un instant de Téchouva et de bonnes actions dans ce monde-ci (la demeure ici-bas qui est la satisfaction du Créateur) est préférable à toute la vie du monde futur (qui représente le plaisir des êtres créés). »

[Il est fait allusion à cela dans la première Michna du troisième chapitre de Pirkei Avot que nous étudions ce Chabbat : « Considère trois choses, et tu n’en viendras pas à la possibilité de fauter. » Un Juif doit en effet prendre conscience du fait que, outre sa propre existence et celle de D-ieu qu’il sert en dévoilant son âme divine dans son corps matériel, il existe autre chose : le monde que D-ieu a créé et avec lequel il Le sert et duquel il Lui fait une demeure. Cette réflexion doit le motiver à agir dans la matérialité du monde, son aspect le plus bas, même si cela semble extérieurement être pour lui une déchéance provisoire. Alors, comme le dit la Michna, la possibilité même de la faute lui sera épargnée.]

C’est dans la Gola que l’on peut révéler la Lumière Infinie de D-ieu


Il est, dès lors, compréhensible que le service divin consistant à faire de Gola la Guéoula constitue toute l’essence de la Délivrance messianique : l’objectif de la création du monde est, en effet, de révéler le Maître du monde précisément dans notre monde inférieur, en particulier tel qu’il se trouve en situation d’exil. Et, comme le précise l’Admour Hazaken dans le Tanya, la Guéoula, qui est « le dévoilement de la Lumière Infinie de D-ieu (אור אין סוף ברוך הוא) dans ce monde matériel  », dépend de « nos actions et de notre service divin pendant toute la durée de l’exil » grâce auxquels le monde inférieur devient une demeure pour D-ieu. C’est pour cela que la Guéoula provient précisément de la Gola.

Il y a, ici aussi, deux aspects à cela :

1. C’est précisément à travers la descente de l’exil que s’effectuera l’élévation de la Délivrance (tout comme le dévoilement de la force cachée de l’âme se fait à travers sa descente ici-bas).

2. La Délivrance provient de l’exil lui-même, car la demeure pour l’Essence Divine s’effectue précisément dans le monde inférieur.

La prière du « Yéhi Ratsone » du compte du Omer

Cette idée se reflète dans la période dans laquelle nous nous trouvons :

1. Les sept semaines du compte du Omer, parmi lesquelles nous concluons la quatrième - Malkhout chébéNétsa’h - « La royauté dans la victoire ».

2. La paracha de la semaine, « A’harei-Kédochim » et la paracha que nous commençons à lire à l’office de Min’ha, « Emor ».

3. le 13 Iyar, le yahrtseit de « Israël Aryeh Leib ».
Le compte du Omer a pour objectif le raffinement des sept attributs émotionnels de « l’âme animale », ce qui constitue l’essentiel de la tâche des Juifs en temps d’exil. À travers ce travail, l’homme se raffine, comme le dit la prière récitée après le compte « ואטהר ואתקדש בקדושה של מעלה - Ainsi je serai purifié et sanctifié par la sainteté d’En-Haut », mais également la Création reçoit « שפע רב בכל העולמות - une abondance de bénédiction dans tous les mondes » et précisément par cela l’âme reçoit une élévation particulière : « לתקן את נפשותינו ורוחותינו ונשמותינו - afin de parfaire notre vitalité, notre esprit et notre âme ».

Et ce travail du compte du Omer, qui revient à révéler le alef dans la Gola, amène la Guéoula, comme nous le disons tout de suite après la bénédiction et le compte lui-même : « ... הוא יחזיר לנו עבודת בית המקדש במהרה בימינו, אמן סלה - Il nous rétablira le service dans le temple, rapidement et de nos jours. Amen Sélah ! »

Et ceci est encore plus perceptible le quatrième Chabbat quand on achève de parfaire l’attribut de Netsa’h - la victoire : c’est la victoire sur l’obscurité de l’exil, jusqu’à la « royauté dans la victoire », la victoire du roi Machia’h lors de la Délivrance finale.

Le Saint des Saints : le dévoilement du divin dans l’espace matériel


Le début de la paracha traite du service du Cohen Gadol, le Grand Prêtre, dans le Kodech Hakodachim, le « Saint des Saints » dans le Temple de Jérusalem. Le contenu de cette paracha symbolise la situation que connaîtra le monde lors de l’ère messianique :

Le Kodech Hakodachim est l’endroit où la divinité se révèle sans aucun voile, tout en étant un lieu matériel dans ce monde-ci. Le Cohen Gadol qui y pénètre est un être humain, une âme revêtue d’un corps (au contraire des deux fils d’Aharon, Nadav et Avihou, dont l’âme se sépara du corps lorsqu’ils y pénétrèrent).

Cet aspect du service se retrouve chez l’ensemble des Cohanim : d’un côté, « les Cohanim ont été séparés des autres Juifs [...] comme il est dit ‘Et Il sépara Aharon pour le sanctifier comme le saint parmi les saints’ » (Rambam). C’est-à-dire que les Cohanim sont, d’une part, au-dessus du monde et, d’autre part, ils effectuent leur service dans un monde qui est marqué par le contraire de la pureté, dans lequel ils accomplissent l’injonction de préserver leur pureté avec laquelle débute la paracha Emor [et il est logique d’avancer que c’est à titre de préparation pour leur service dans les temps futurs que les Cohanim doivent se préserver de l’impureté en temps d’exil].

Un autre point : le Cohen devait effectuer son service dans le sanctuaire revêtu de vêtements rituels « de gloire et de splendeur », et un manque quelconque dans son habillement invalidait le service. Ceci parce que la plénitude de la sainteté est atteinte lorsqu’elle se révèle dans le monde matériel dans toute sa beauté et toute sa gloire. C’est certainement la raison pour laquelle le Cohen Gadol doit être « le plus grand parmi ses frères... en richesse » (Rambam), car la plénitude de la sainteté implique que celle-ci se révèle dans la plénitude de chaque chose, y compris dans la plénitude matérielle, la richesse.

On peut ajouter à cela que le lien entre le Cohen Gadol et le Kodech Hakodachim n’existe pas seulement une fois dans l’année, lorsqu’il y pénètre le jour de Kippour, mais à chaque instant ! Comme l’enseigne le Midrache au sujet du verset « Voici avec quoi Aaron entrera dans le sanctuaire » (A’harei 16, 4), « à tout moment où il souhaitera rentrer » ! Seulement, pour se faire, il devra alors accomplir le rituel des sacrifices de Kippour. La raison en est que là est sa place véritable et ceci sera dévoilé en permanence lors de la Délivrance quand l’homme et le monde atteindront leur plénitude à travers la transformation de ce monde en demeure pour D-ieu.

La véritable place de chaque Juif est dans le Saint des Saints !


Tout ce qui précède au sujet du service des Cohanim contient une leçon pour tous les Juifs. En effet, lors du don de la Torah le peuple d’Israël a reçu le titre de « ממלכת כהנים - Royaume de prêtres », et, comme le précise le Baal Hatourim sur ce verset : « de Cohanim Guedolim, de Grands Prêtres », bien que cette dimension ne soit pas révélée aujourd’hui. S’il en est ainsi, tout Juif, tel qu’il se trouve ici-bas, l’âme revêtue dans le corps, a un lien avec le Kodech Hakodachim, comme l’enseigne également la célèbre loi formulée par le Rambam à la fin des lois relatives à la Chemitah et au Yovel.

Et, s’il est dit dans le Midrache que le Cohen Gadol pouvait pénétrer dans le Kodech Hakodachim « à tout moment où il souhaitera rentrer », alors cela s’applique à chaque Juif, car chaque Juif a le potentiel, tel qu’il est vivant ici-bas, d’être au niveau du « Kodech Hakodachim ». Et on peut avancer que c’est ce qui se passera dans les temps futurs ! [On retrouve cela dans le récit qui est fait dans les Prophètes au sujet de Yéhoach qui était de lignée royale et qui fut caché pour sa protection par sa nourrice Yéhochavah précisément « à l’étage au-dessus du Kodech Hakodachim  » (Rois II, 11). Car la place véritable de chaque Juif est dans le Kodech Hakodachim, et ce n’est qu’en situation de « descente » (Gola) - ici le danger que courait Yéhoach - que cela se révèle.]

C’est par cette idée que débute la paracha de Kédochim, « Soyez saints, car Je suis saint » : tels que vous êtes ici-bas, vivants dans vos corps, vous avez le pouvoir d’atteindre les plus hauts degrés de la sainteté, jusqu’à la sainteté de D-ieu Lui-même, « car Je suis saint » ce que le Midrache traduit par « comme Je suis saint » (lecture beni’houta).

Le contact avec le monde matériel révèle la nature profonde d’Israël


L’idée précédemment développée au sujet de la descente dans le monde matériel se retrouve dans le nom de celui dont le 13 Iyar marque le yahrtseit, l’anniversaire du décès : « Israël - Aryeh Leib » (le frère cadet du Rabbi. NdT).

Le nom « Israël » a deux interprétations opposées : d’un côté, les lettres hébraïques du mot « Israël » sont les initiales des mots de la phrase « יש ששים ריבוא אותיות לתורה », « Il y a six cent mille lettres dans la Torah », qui enseigne que les six cent mille âmes du peuple juif ont pour source les six cent mille lettres de la Torah, chaque Juif puisant la vitalité de son âme d’une de ces lettres. D’un autre côté, « Israël » est issu du verset « כי שרית עם אלוקים ועם אנשים ותוכל », « Car tu as jouté avec Élokim et avec des hommes et tu as triomphé » (Vayichla’h, 32, 29), qui représente le combat contre le monde, et contre les hommes, faisant référence au contact (pouvant aller jusqu’au combat) avec le monde matériel et les Nations.

Si le nom « Israël » est porteur de ces deux sens apparemment contradictoires, c’est que le Juif a certes conscience que sa source est dans la Torah et que sa vie dépend de celle-ci, au point de se conformer à toutes ses instructions, mais il doit également prendre conscience de son devoir de « considérer trois choses » et sortir dans le monde affronter les forces de la nature (désignées dans le verset par le nom Élokim, car, comme l’enseigne le Midrache, « Il n’est pas un brin d’herbe qui n’ait En-Haut un ‘mazal’ qui le force à pousser  ») et les Nations du monde (« avec des hommes », qui désigne Lavan et Essav que Yaakov avait combattus). Et, dans cette réalité, il doit édifier pour D-ieu une demeure conforme aux instructions de la Torah et ainsi le monde lui-même ne disparaît pas, mais se retrouve inclus dans la sainteté (le terme hébraïque pour « tu as triomphé », « ותוכל », évoque la notion d’inclusion, « כלל »).

Ainsi, tous les sujets du monde s’unissent et s’incluent dans la sainteté jusqu’à ce que la Guéoula se fasse, incluant, comme nous l’avons dit, la Gola.

Et, à travers la confrontation victorieuse « avec Élokim et avec des hommes », une puissance et une vitalité nouvelles se dévoilent également dans l’âme du Juif, car « ותוכל » évoque en premier lieu la capacité et le pouvoir, « יכולת ».

Et tout ceci se fait d’une manière évoquée dans le nom « Arieh Leib » : comme il est statué au début du Code de Loi Juive, le Choul’hane Aroukh, un Juif surmonte tel un lion (arieh en hébreu) l’obscurité spirituelle du monde et accomplit son service de D-ieu avec dynamisme, aussi bien dans les choses saintes que dans les sujets profanes (auxquels le nom « Leib » - « lion » en Yiddish, langue profane - fait allusion.)

Le monde aide au processus de Délivrance


Tout ceci est clairement perceptible dans notre génération, en cette fin d’exil où la Délivrance est imminente :

Dans les générations précédentes, les Juifs résidaient dans des pays où ils connaissaient de nombreuses difficultés à pratiquer le Judaïsme. Aujourd’hui, cependant, la grande majorité des Enfants d’Israël vivent dans des pays qui, non seulement ne perturbent pas leur pratique religieuse, mais au contraire les aident à parvenir à la Délivrance intérieure à travers leur service divin, jusqu’à ce qu’ils accomplissent ce qui doit être fait pour amener la Délivrance globale.

Ceci au point où l’année dernière (1990, NdT), cette situation s’est propagée dans d’autres pays (l’ancien bloc soviétique) où il y avait jusqu’à très récemment des limitations quant à la pratique du Judaïsme et la liberté d’émigrer, alors qu’aujourd’hui ces États aident et facilitent les projets de la communauté juive et l’émigration en Israël ! Ceci constitue une préparation à la Délivrance messianique, quand les Nations du monde aideront les Juifs à revenir sur la terre d’Israël, comme dit le verset « Et ils amèneront vos frères » (Isaïe 66, 20).

En outre, les Nations ont commencé à adopter pour elles-mêmes de nouveaux comportements basés sur le bien et la générosité qui s’expriment en particulier dans les domaines de la charité et de l’éducation, deux notions fondamentales de la civilisation. Ainsi, plus ont médite aux évènements actuels, plus on se rend compte de la différence entre cette période et les époques précédentes, car les Nations elles-mêmes ont commencé à révéler qu’il existe un Maître du monde, ce qui prépare la révélation de la royauté divine dans le monde lors de la Délivrance.
Pas de panique : la Guéoula délivre les acquis matériels


De tout ce qui précède, nous apprenons un certain nombre de principes qui caractérisent notre période de préparation à la Délivrance :

En premier lieu, il y a ici une réponse à tous ceux que la Délivrance « effraye ». Ceux-ci s’inquiètent en effet du devenir de tout ce qu’ils ont produit et édifié en exil, de leurs biens, de leurs affaires et des liens d’amitié et de coopération qu’ils ont établis avec leurs amis et partenaires, Juifs et non-Juifs. D’après tout ce que nous venons d’expliquer, la réponse est claire : il n’y a rien à craindre ! La Guéoula ne vient pas mettre un terme au fonctionnement du monde ni à toutes les bonnes choses que l’on a pu y produire en suivant les lois de la Torah. Au contraire, elle inclut en elle la Gola. Le seul changement sera que toute l’existence s’élèvera, révélant sa véritable nature, comme nous l’avons dit.

De là découle un enseignement pour tous ceux qui travaillent actuellement dans le commerce et les affaires : ceux-ci doivent dévoiler « כבודו של הקב"ה », la gloire de D-ieu, à l’intérieur de leur affaire en exploitant celle-ci pour amplifier l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot.

D’un autre côté, il y a des Juifs qui s’imaginent que le travail pour amener la Délivrance consiste à annuler le « fonctionnement du monde » et qui cherchent à s’en extraire. La même réponse s’applique aussi à leur égard : au contraire, c’est précisément à travers nos actions et nos efforts en temps d’exil que nous pouvons faire venir la Guéoula, en acceptant et en gagnant la « confrontation avec Élokim et les hommes », au point de pouvoir exploiter pour la gloire de D-ieu même les choses luxueuses, à l’instar des vêtements du Cohen Gadol, à savoir exploiter sa richesse pour donner encore plus de Tsédaka aux institutions de Torah, de bienfaisance, etc.

L’essentiel est dans l’action !


L’enseignement concret qu’il convient de tirer de tout cela est clair :

Étant donné que la Délivrance vient précisément à travers notre travail pour dévoiler dans l’exil le « Maître du monde », jusqu’à ce que notre génération qui est la dernière de l’exil devienne la première de la Délivrance, chaque Juif a la responsabilité de rajouter des efforts dans sa pratique du Judaïsme, en particulier dans les sujets liés spécifiquement à la Guéoula, comme l’étude de ce thème dans les livres de la Torah Écrite qui, comme le dit le Rambam « sont remplis d’enseignements à ce sujet » (ce qui signifie que l’intégralité de leur contenu est lié avec la Délivrance. Et, dans les passages où ce n’est pas apparent, il faut dévoiler cela de la même manière qu’il faut dévoiler D-ieu dans le monde), et aussi dans la Torah Orale (Michna, Guémara, Midrache, etc).

Chaque Juif doit également s’efforcer de raffiner le monde qui l’entoure à travers la pratique matérielle des Mitsvot, en particulier le don à la Tsédaka, et en accomplissant les tâches profanes de la vie quotidienne « לשם שמים », avec l’intention d’accomplir en cela la volonté divine, au point de percevoir celle-ci dans tout ce qu’il fait (« בכל דרכך דעהו »).

Un autre point essentiel est de renforcer la diffusion de la Torah, du Judaïsme et des sources de la ‘Hassidout, ce qui inclut de s’efforcer d’influencer tous les Juifs du monde à rajouter dans leur étude de la Torah et leur pratique des Mistvot.

Ceci inclut aussi la tâche de dévoiler le « Maître du monde » dans le monde entier, notamment en influençant les membres des Nations à accomplir les Sept Lois Noa’hides et à les préparer au règne divin (« והיתה לה’ המלוכה »).

Rien n’est perdu - tout est délivré


Nous approchons de la célébration de Pessa’h Chéni, dont l’enseignement est qu’il n’existe pas de situation désespérée : même si dans le passé on a manqué dans l’accomplissement de cette mission, le moment est venu de faire un bilan honnête de son action et de corriger ce qui doit l’être. Ainsi, même ce qui semble avoir été perdu ou ce qui s’est réellement perdu dans l’exil, sera révélé et corrigé.

Ce qui inclut de retrouver et de révéler « l’objet perdu » : l’échéance messianique qui, de par sa grandeur, est au-delà de toute notion de dévoilement et se révélera comme une « trouvaille » qui transcende la conscience, comme le dit le verset « J’ai trouvé mon serviteur David  » (Téhilim 89, 21).

 
DANS LA MEME RUBRIQUE
 
 

 

Yé'hi Adoneinou Moreinou veRabeinou Melekh HaMachia'h Léolam Vaed
SPIP / Squelette Spip01 © 09/2003 Gab-design.com sous licence GPL et Association Guéoula