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Accueil >>  2. Notions sur la Délivrance >>  Chapitre 3 : L’attente de la Délivrance


Le Machia’h viendra "par surprise"

mardi 29 juin 2004, par Redaction


Il arrive que des gens demandent comment l’attente impatiente du Machia’h peut-être compatible avec l’annonce du Talmud selon laquelle « C’est seulement si on n’y pense pas (« Beessia’h hadaat » ) que le descendant de David viendra. » Cette question représente un bon exemple d’une rhétorique qui découle d’un manque de compréhension des sources et des principes d’étude de la Torah.

Même en admettant qu’il existe un enseignement talmudique qui exige qu’on se « désintéresse » du sujet de la Délivrance messianique, cela n’efface pas l’abondance de versets, de paroles des Sages et de lois (halakhot) qui stipulent le caractère essentiel de l’attente impatiente du Machia’h, ni les innombrables prières des jours de semaines comme de Chabbat et des fêtes qui expriment notre hâte de voir la Délivrance, ni le grand nombre de maîtres de la Torah qui, à toutes les époques, furent des exemples vivants de l’expectative de la Guéoula.

Sans calculs


En réalité, il n’est pas nécessaire de déployer de grands efforts pour résoudre cette apparente contradiction. Les mots exacts du Talmud sont : « Trois choses viennent quand on n’y pense pas : le Machia’h, une trouvaille et un scorpion. » (Traité Sanhédrine 97a). Cela signifie que, à l’instar d’une trouvaille à laquelle on ne s’attend pas, le Machia’h se révélera soudainement, sans que l’on ait pu déterminer précisément ce moment à l’avance.

Certains objectent que, dans cette discussion talmudique, il est rapporté que lorsque Rabbi Zeyra a entendu les Sages débattre du thème de la Délivrance, il leur a dit « De grâce, ne l’éloignez pas ! », justifiant ses propos par le fait que le Machia’h doit venir « quand on n’y pense pas ». Cependant ceci est éclairci par le commentaire de Rachi qui explique que ces Sages étaient en train d’estimer des échéances pour savoir quand le Machia’h viendra. Rabbi Zeyra a donc voulu signifier que calculer des dates repousse la venue du Machia’h car celui-ci viendra « par surprise« , sans que l’on s’attende à sa venue à un moment précis.

Nous prions pour la Délivrance, nous l’espérons à chaque instant de la journée (selon le texte de la prière de la Amida), mais de même qu’il est impossible de déterminer le moment où l’on fera une trouvaille ni celui où on croisera le chemin d’un scorpion, il est impossible de savoir quand la Délivrance messianique interviendra.

Au contraire, les deux autres sujets mentionnés, la trouvaille et le scorpion, soulignent à quel point la conscience de l’attente du Machia’h ne peut se faire en s’en désintéressant : un homme peut passer sa journée à chercher un objet perdu, par exemple, il ne sera pas moins surpris de l’instant et de l’endroit où il le trouvera. De la même façon, un homme avançant avec précaution dans un endroit qu’il sait infesté de scorpions ne sait pas à quel moment il va se faire piquer. Ainsi en va-t-il de la Délivrance : nous y pensons, nous l’attendons, nous prions pour sa venue et nous y préparons, néanmoins il est clair que le moment précis de son avènement nous surprendra.

Le Maharcha explique le lien entre le Machia’h, une trouvaille et un scorpion dans un commentaire extraordinaire : « Si le Juif est méritant, la venue du Machia’h le surprendra comme le ferait une bonne trouvaille, elle le réjouira et lui profitera. S’il n’est pas méritant, la venue du Machia’h sera pour lui comme la mauvaise surprise d’une piqûre de scorpion. »

Toujours surpris


Les textes de la ’Hassidout donnent des interprétations encore plus profondes de ce passage du Talmud. L’une d’entre elles est que lorsqu’un Juif considère le monde qui l’entoure et arrive à la conclusion qu’il est logiquement impossible que le Machia’h vienne dans ces conditions mais, malgré cela, conserve toute sa foi en l’imminence de la Délivrance, il accomplit Essia’h hadaat, sa foi en la Délivrance « dépasse sa pensée » et son intellect.

Il est expliqué dans le Tanya que le dévoilement du Machia’h est un évènement qui transcendera les limites de la raison, ce sera « le dévoilement de l’essence commune à toute chose ». C’est un cadeau d’En-Haut auquel l’homme ne peut parvenir par la seule force de son esprit. D-ieu le lui donnera d’une manière qui transcendera sa logique humaine.

Le Rabbi de Loubavitch explique que Essia’h hadaat est une forme d’attente de la Délivrance messianique. Nous ne devons pas attendre la venue du Machia’h sur la base de notre compréhension des bienfaits que nous retirerons de l’ère messianique. Nous devons « écarter notre pensée » de tous les bienfaits matériels et spirituels que la Délivrance amènera pour nous concentrer sur son véritable objet : que la volonté divine soit réalisée, « que les mondes inférieurs soient une résidence pour D-ieu ».

Que D-ieu nous préserve donc « d’écarter notre pensée » de la Délivrance. Au contraire, l’attente impatiente est la meilleure expression de la foi en son avènement.

   
 

 

Yé'hi Adoneinou Moreinou veRabeinou Melekh HaMachia'h Léolam Vaed
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