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dimanche 15 mai 2005, par Redaction

L’étude comme catalyseur


D’après les discours du Rabbi de Loubavitch prononcés le 28 Nissan (12 avril) et les Chabbat Parchat Chemini et Parchat Tazria-Métsora 5751 (1991)

AVANT-PROPOS


Le Rabbi Chlita nous a rappelé que la tâche de faire venir Machia’h doit être partagée. Plutôt que de se contenter de lui en remettre toute la charge, tout Juif conscient de l’urgence de cette oeuvre doit y prendre une part active.

Un tel message évoque cette prodigieuse histoire ’hassidique dans laquelle le Baal Chem Tov, le fondateur du ’hassidisme, eut recours à une parabole :

« Un jour, un homme doué d’une vue particulièrement puissante vit un oiseau merveilleux perché tout en haut d’un arbre. Il eut très envie de le capturer mais n’avait pas d’échelle à sa disposition. Que fit-il ? Il rassembla ses amis, les fit monter les uns sur les épaules des autres, se jucha au sommet de cette pyramide et parvint ainsi à attraper l’oiseau. Ceux qui se tenaient sous lui l’avaient aidé à réaliser son entreprise sans qu’ils aient connu l’incomparable beauté de l’objet de son désir. Cependant, sans eux, l’homme ne serait parvenu à rien ».

« De la même manière », expliqua le Baal Chem Tov à certains de ses ’hassidim qui s’étaient permis de quitter la synagogue pendant la prière car leur maître était profondément plongé dans ses pensées et que celle-ci semblait de nature à durer un temps indéterminé, « quand je prie, des choses infiniment profondes me sont révélées. En de tels moments, j’ai le désir ardent de m’élever jusqu’au degré que le Zohar dénomme « le palais du nid de l’oiseau », c’est la résidence, dans les mondes spirituels, de Machia’h. Mais je ne peux aspirer à une telle élévation que lorsque je vous place les uns sur les épaules des autres. Tout ce que j’accomplis alors ne l’est que grâce à vous, qui êtes avec moi dans la synagogue, même si vous n’avez pas conscience de ce qui se passe... »

* * *

Le Rabbi Chlita nous rappelle donc que faire venir Machia’h est une tâche qui doit être partagée. Il revient à chacun d’agir.

JE CROIS


Je crois avec une foi parfaite dans la venue de Machia’h. Bien qu’il tarde, j’attendrai [1] chaque jour [2] qu’il vienne [3].

Dans notre attente de la venue de Machia’h, nous ne devons pas la considérer comme une simple éventualité. Au contraire, il doit être littéralement impensable pour chacun que Machia’h n’arrive pas aujourd’hui même, que D.ieu nous en préserve. Si nous criions Ad Mataï (« jusqu’à quand devrons-nous rester en exil ? ») avec la plus absolue sincérité, Machia’h viendrait certainement.

L’EXPRESSION APPROPRIEE DE L’ATTENTE DE MACHIA’H : UN AJOUT DANS LA TORAH ET LES MITSVOT


Ce caractère de sincérité doit apparaître dans l’accomplissement d’actes qui hâtent la Délivrance. Ainsi l’enseignent nos Sages [4] : « le principal, c’est l’action ». Chacun, homme, femme ou enfant, en est personnellement responsable : il faut agir pour que Machia’h vienne. Personne d’autre que soi ne peut assumer cette charge, c’est l’effort de chacun qui est nécessaire. Chacun doit se préparer à cette venue en intensifiant son étude de la Torah et en renforçant sa pratique des Mitsvot, des commandements de D.ieu, de la manière la plus parfaite et la plus scrupuleuse.

Pourquoi ces actes-là précisément sont-ils ceux qui hâteront la venue de Machia’h ?

Car ils correspondent parfaitement à la nature de sa relation avec le peuple juif.

En termes clairs, la manière dont D.ieu récompense le peuple juif suit le principe de « mesure pour mesure » [5]. Cela entraîne que, lorsque nous désirons préparer et obtenir une révélation particulière, nos efforts doivent refléter la nature de cette révélation. Machia’h assumera tout à la fois [6] le rôle de roi [7] et celui de maître [8]. Pour hâter sa venue, nos actes doivent revêtir les aspects de ces deux fonctions.

LE LIEN DU ROI ET DE SES SUJETS : LES COMMANDEMENTS


A la différence de ce qui se passe entre le maître et l’élève ou entre deux amis, la relation entre le roi et ses sujets s’établit lorsqu’il édicte des commandements. En effet, par nature, le roi est manifestement supérieur à ses sujets. La pensée ’hassidique explique [9] ainsi que la grande taille du roi Saül - « Il se tenait parmi le peuple et dépassait la nation entière d’une épaule » [10] - reflétait ses qualités spirituelles qui surpassaient celles de tous. Au moins d’un point de vue idéal, le même concept s’applique aux autres souverains.

Du fait de l’existence d’une telle distance réelle, un roi ne peut guère communiquer ses pensées ou ses sentiments à son peuple. Comment peut donc s’exprimer son lien avec ses sujets ? En leur donnant des commandements qui leur indiquent les actes qu’ils doivent accomplir selon sa volonté. Nous devons nous préparer à ce lien très particulier avec Machia’h, le roi ultime. Pour cela, il nous faut renforcer notre pratique des Mitsvot. La Mitsvah de tsédakah, la charité, revêt, à cet égard, une importance toute spéciale car « la tsédakah rapproche la Délivrance » [11].

UN LIEN PROFOND : L’ENSEIGNEMENT


Si ses commandements établissent bien une relation entre le roi et ses sujets, un tel lien reste imparfait, incomplet. En effet, les dimensions intérieures de sa personnalité restent, pour tous, hors d’atteinte. Pour pallier ce manque, Machia’h sera, en même temps, un maître. Il nous enseignera et, ainsi, établira ce lien profond et intérieur.

Nos Sages déclarent que « celui qui enseigne à un autre, la Torah le considère comme s’il l’avait mis au monde » [12]. C’est que lorsqu’un père donne naissance à son enfant, il y investit l’essence de son être propre. Le maître a une capacité similaire de partager son essence avec ses élèves. Quand il se met tout entier dans le sujet dont il traite et que l’élève le suit dans sa démarche, la nature de ce dernier en est transformée. Du fait de son étude, le lien intérieur établi avec le maître façonne son processus intellectuel, lui donnant une sorte de ressemblance avec celui de son maître.

De la même manière, Machia’h, en enseignant à l’ensemble du peuple juif, établira un lien profond et intérieur de ce type avec tous. Cela révèlera l’étincelle spirituelle de Machia’h que chaque Juif possède dans son âme [13].

CE QU’IL FAUT ETUDIER


Pour établir ce lien et hâter la venue de Machia’h, nous devons ajouter à notre étude de la Torah, nous consacrer particulièrement à celle de Pnimiout HaTorah, sa dimension mystique telle que révélée par les enseignements de la ’Hassidouth. Le Baal Chem Tov rapporte, dans une lettre fameuse, qu’il eut, un jour, la vision de Machia’h. Il lui demanda : « Quand viendras-tu ? » Machia’h répondit : « Quand les sources de tes enseignements se seront répandues à l’extérieur » [14]. Il est donc clair que répandre en soi-même ainsi que chez autrui ces enseignements rapproche sa venue.

Plus précisément, notre étude doit être centrée sur le thème de Machia’h et de notre Délivrance future. Et particulièrement comme ces sujets sont développés dans les Maamarim et les Likoutei Si’hot, les commentaires, du Nassi, du chef de notre génération. Ces textes, et de nombreux autres, sont munis d’index thématiques qui les rendent faciles d’accès.

C’est publiquement qu’il faut faire cette étude et, encore mieux, avec dix personnes car « sur dix personnes, la Présence Divine repose » [15]. De plus, l’étude commune introduit un sentiment de joie. Même celui qui a l’habitude d’étudier profondément, ce qui nécessite le calme de l’étude individuelle, doit compléter ce qu’il fait généralement par sa participation à cette étude collective. Chacun doit prendre conscience de la nécessité de participer à cette oeuvre. Chacun doit voir dans ces directives un message qui s’adresse à lui, personnellement. Symétriquement, il faut se garder d’interpréter ce qui a été dit comme une affaire strictement privée. Au contraire, il convient de répandre ce message auprès de tous. Car la responsabilité de hâter la venue de Machia’h incombe à chaque membre de notre peuple.

La nature de l’année que nous vivons, celle où « Il nous montrera des merveilles » [16], crée un climat propre à nous conduire au succès. Nous avons déjà été témoin de grands miracles et nous continuerons certainement à en voir. Puissent-ils comprendre ces ultimes prodiges accompagnateurs de la Délivrance dont il nous est annoncé : « Comme aux jours de votre sortie d’Égypte, Je vous montrerai des Merveilles » [17].




[1] Dans le Michné Torah, Hilkhot Mélakhim (Lois relatives aux rois) 11:1, le Rambam (Maimonide) écrit : « Dans l’avenir, le Roi Machia’h se lèvera... Celui qui n’y croit pas, ou n’attend pas sa venue, ne renie pas seulement les (enseignements des) autres prophètes, mais également (ceux de) la Torah et de Moise, notre maître. » Ce texte implique que celui qui croit que Machia’h viendra, mais qui n’attend pas impatiemment sa venue, est considéré comme niant les principes fondamentaux du judaïsme (’Hidouchim OuBiourim BeChass, vol. III, chap. 40).

[2] Cela signifie, non pas que chaque jour nous devons attendre sa venue qui interviendra plus tard, mais bien que nous devons l’attendre pour le jour même (Likoutei Si hot, vol. XXIII, p. 394).

[3] C’est le douzième des Treize Articles de Foi, tel qu’il a été adapté et inclus dans les treize affirmations qui ouvrent la prière Ani Maamin récitée chaque jour dans certaines communautés.

[4] Cf. le traité talmudique Pirkei Avot 1 :17.

[5] Traité talmudique Sanhédrin 90a.

[6] Séfèr HaMitsvot du Tséma’h Tsédèk, Mitsvat Minouï Mélè’h.

[7] Rambam (Maïmonide), Hilkhot Mélakhim (Lois relatives aux rois) 11:1.

[8] Rambam (Maïmonide), Hilkhot Techouvah (Lois relatives au retour à D.ieu) 9:2.

[9] Or Hatorah, Chir HaChirim, p. 414 et ss.

[10] Chmouel I (Samuel I) 10 :23.

[11] Traité talmudique Baba Batra 10a ; voir aussi Tanya, chap. 37.

[12] Traité talmudique Sanhédrin 19b.

[13] Devarim Rabbah (1:20) et le Talmud de Jérusalem (traité Taanit 4:4) interprètent le verset « Et une étoile sortira de Yaacov » (Bamidbar 24:17) comme une référence à Machia’h, alors que le Talmud de Jérusalem (traité Maasser Chéni 4:6) l’interprète comme faisant simplement allusion à tout Juif. Les deux commentaires se rejoignent car un Juif détient en lui une étincelle de Machia’h (Méor Enayim, Parchat Balak).

[14] Cette lettre, adressée par le Baal Chem Tov à son beau-frère, Rabbi Guerchon Kitover, qui décrit l’ascension de son âme le jour de Roch Hachana 5507 (1746), fut d’abord publiée dans Ben Porat Yossef. Elle a ensuite été partiellement rééditée dans Keter Chem Tov, sec. 1, et au début de Likoutei Amarim du Maguid de Mézeritch, le successeur du Baal Chem Tov. Pour une explication , dans la perspective de la ’Hassidout, de la question du Baal Chem Tov et de la réponse du Machia’h, voir Likoutei Dibourim, chap. 16-18. Voir également, en français, "De l’essence de la ’Hassidout".

[15] Traité talmudique Sanhédrin 39a.

[16] Voir plus haut le chapitre intitulé « Aider à faire venir Machia’h ».

[17] Mi’ha (Michée) 7 :15.


 
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