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Immédiatement exaucé

dimanche 12 septembre 2004, par Redaction

« Mon nom est Elie Grossman. Je suis né et j’ai grandi à Curaçao, une île des Caraïbes, qui faisait autrefois partie des Antilles Hollandaises...


C’est ainsi qu’Elie Grossman commence le récit de sa vie, qui allait le conduire d’une île de la Mer des Caraïbes au 770 Eastern Parkway, New York, la Maison d’Etudes du Nassi de notre génération :

« Il est évident que, là-bas, il n’y avait pas la moindre trace d’une éducation juive. Les lois de cet état obligeaient tout élève à choisir entre les deux seuls établissements scolaires du lieu, l’école catholique ou l’école protestante. Et, les élèves devaient obligatoirement participer à toutes les activités de l’école, qui comprenaient le catéchisme et les cérémonies religieuses. D’autres enfants juifs étudiaient avec moi, et tous « nageaient avec le courant », s’associant, bien entendu aux activités chrétiennes. Mais moi, je refusais, bien que venant d’une famille qui ne pratiquait pas les Mitsvot de la Torah. Je m’opposais à participer à ce qui portait le cachet d’une autre religion. C’était là quelque chose d’étrange, puisque je n’avais jamais été éduqué en ce sens.

Je ne peux pas dire que je ne payais pas le prix fort pour mon entêtement, mes camarades non juifs se battaient quotidiennement avec moi, avec la bénédiction déclarée du directeur, et il n’était pas rare que lui-même, en personne, me menaçât directement. J’avais réussi à « survivre » jusqu’en 3ème mais la situation était devenue intenable pour moi, au-delà de mes facultés de riposte. Les querelles s’intensifiaient et devenaient cruelles, et le directeur ne cachait pas son opinion selon laquelle j’allais déclencher contre moi un déchaînement de violence, pour mon refus obstiné de me conformer aux lois de l’école. Je voyais mon avenir proche sous des couleurs bien sombres.

A ce stade, je conçus une tactique pour survivre : je commençai à « sauter » mes jours de fréquentation de l’école, sans en informer mes parents, qui ne savaient pas du tout où j’en était spirituellement. Je passais mes « congés » personnels sur les pelouses du club local de golf, puis je m’efforçais de revenir à temps près de l’école, où mon père venait chaque jour me chercher. Tout se passa très bien pendant un certain temps, jusqu’au jour où le directeur convoqua mon père pour l’informer de mes absences aux cours. Mon père fut stupéfait, du fait qu’il me conduisait chaque matin à l’école, et m’y reprenait à l’heure de la fin des cours. Ce jour-là, il m’interrogea, à la sortie de l’école, au sujet de ma présence aux cours, et je dus lui avouer que cela faisait des semaines que je les manquais. Mon père enquêta sur mes raisons, et arriva à la conclusion qu’il fallait agir immédiatement si je ne voulais pas rester sans structure. Il me laissa deux possibilités : ou me plier aux règles de l’école, ou quitter les études et venir travailler avec lui, un travail dur et accablant, jour après jour. Je n’hésitai pas un instant, et ma réponse était prête depuis le début de sa proposition. Je fis un saut jusqu’au bureau du directeur, posai tous mes livres scolaires sur sa table, et courus rejoindre mon père qui m’attendait au volant de sa voiture.

Mon père reçut lettre sur lettre des instances gouvernementales, qui lui rappelaient les lois en vigueur, obligeant les minorités à envoyer leurs enfants dans les écoles confessionnelles du pays, et aux enfants à participer à toutes leurs activités. Puis les lettres devinrent plus menaçantes, mais ma famille ne plia pas devant cette opposition. Mes parents restèrent stoïques et fiers, malgré la menace de rejet social qui les attendait. Mon père endura cette situation sans avoir la moindre idée de ce qu’il fallait faire pour trouver une solution.

Une nuit, il rêva, se revoyant dans sa prime enfance, en Russie. Il avait encore ses cheveux longs (avant la coupe qui surviendrait à trois ans) et était assis sur les genoux de sa grand-mère. Celle-ci lui disait : « Mon chéri, à chaque fois que tu te trouveras en difficulté, le Rabbi de Loubavitch pourra t’aider ». Or, dans ce rêve, mon père entendait là, pour la première fois de sa vie qu’il existait quelqu’un s’appelant « le Rabbi de Loubavitch ». Mon père se rendit ce matin-là, à la synagogue dont il était membre. C’était une petite synagogue dans un édifice ancien et modeste, qui se situait tout près de chez nous. Il demanda au gardien de lui ouvrir, s’approcha de l’Arche Sainte et épancha son cœur en ce lieu, puis il sortit du bâtiment.

A des milliers de kilomètres de là, un jour froid de Tevet 5744 (1984), Reb Moché Kotlarsky fut appelé au téléphone par le secrétaire particulier du Rabbi, le Rav ‘Hodakov. Ce dernier lui fit comprendre que le Rabbi était sur la ligne et écoutait : « Le Rabbi voudrait que tu partes tout de suite pour l’île de Curaçao ». Quand le Rabbi demande, on ne pose pas de questions, et Reb Moché se leva et sortit immédiatement, malgré les nombreuses questions qui se pressaient dans sa tête. Il prit un assistant, un jeune étudiant de dix-sept ans, et tous deux prirent le premier avion pour Curaçao.

A leur arrivée à destination, ils ne savaient toujours pas où aller, et leur première idée fut de héler un taxi pour qu’il les conduise à la synagogue locale. Les chauffeurs de taxi étaient habitués à ce genre de demande, de la part des touristes juifs qui visitaient l’île, et ils les conduisaient toujours à la grande synagogue, qui était aussi le plus ancien lieu de prières juif du continent américain. Il aurait donc été normal que ce chauffeur conduise nos deux visiteurs vers cette Synagogue. Mais, pour une raison inconnue, celui-ci les emmena vers une petite synagogue, qui se cachait dans une rue peu fréquentée. Lorsque le taxi s’arrêta devant l’édifice, Reb Moché remarqua un Juif qui s’apprêtait à en sortir. Il pensa en un éclair que ce Juif pourrait le présenter à des personnes influentes de la communauté. Il s’approcha donc de lui et lui dit, en se présentant : « Nous sommes envoyés ici par le Rabbi de Loubavitch, et nous voulons connaître la communauté juive locale. Nous serons à l’Hôtel Plazza, en ville. Pourriez-vous nous servir de guide et d’accompagnateur ? »

Cet homme, auquel ils s’adressaient, était, on l’a deviné, mon père, qui sortait à cet instant de la Synagogue. Lorsqu’il entendit ces paroles, il fut sur le point de s’évanouir ! Il s’était souvenu de ce que sa grand’mère disait dans son rêve, et voilà que tout cela se réalisait immédiatement, sous ses yeux stupéfaits. Après les avoir invités à la maison, il exposa devant Reb Moché Kotlarsky tous les événements qui nous touchaient, ainsi que la situation à laquelle notre famille était exposée.

Lorsqu’il se tourna vers moi, ma première question fut : « Que fait-on lorsque quelqu’un met son poing sur votre visage ? Est-il permis de se protéger ? » Le Rav me répondit : « Efforce-toi de te protéger, et fais-le de façon que, la fois suivante, l’autre réfléchira à deux fois avant de s’en prendre à toi ». Ces paroles, dites après réflexion et avec humour, m’allèrent droit au cœur et me conquirent immédiatement. Le Rav Kotlarsky m’invita à New York, pour que je participe au Camp d’Eté « Gan Israël », puis pour que je m’inscrive ensuite à la Yéchiva. C’était la réponse à toutes mes prières, et j’acceptai instantanément.

Je veux donc utiliser l’occasion présente pour remercier le Rabbi, roi Machia’h, pour l’attention, le souci et les actes dévoués qu’il manifesta, à moi et à ma famille. Nous avons tous à apprendre de l’exemple du Rabbi en matière d’amour du prochain et de l’attention qu’il porte à chaque Juif. Pas seulement celui qui demeure en un lieu isolé, comme Curaçao, mais même mon voisin d’aujourd’hui à la synagogue.

Il est clair que si chacun d’entre-nous se comporte comme un reflet du Rabbi, nous mériterons tout de suite la révélation du roi Machia’h !



Extrait de l’hebdomadaire "Le Courrier de la Guéoula" édité par l’Association Chaaré Bina - Paris

 
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