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Le Gaon Rav Chlomoh Zalman Auerbach זצ"ל

lundi 23 août 2004, par Redaction


Né à Jérusalem le 23 Tamouz 5670 (1910) d’une lignée qui remontait au « Toldoth Yaacov Yossef », le Rav de Polnoy, disciple du Baal Chem Tov. Son père, le Gaon Rabbi ‘Haïm Yehouda Leïb זצ"ל avait fondé la Yéchivah « Chaar Hachamayim », où l’on étudiait la Kabbalah, et était l’auteur de l’ouvrage intitulé « ‘Hakham-Lev ».

Rav Chlomoh Zalman montre dès l’enfance des aptitudes étonnantes pour l’étude, et se révèle vite un érudit assidu. Il étudie à la Yéchivat « Etz ‘Haïm », dont les maîtres ne tarissent pas d’éloges à son sujet. Agé de vingt-cinq ans, il rédige des commentaires remarquables sur l’ouvrage de son père, le « ‘Ha’kham-Lev », et le Gaon Rabbi Yossef-‘Haïm Zonnenfeld זצ"ל écrit une introduction à ceux-ci, où il dit se réjouir de ce qu’a rédigé ce fils digne d’un tel père.

Après son mariage en 1930, il poursuit une vie d’étude, où il se consacre jour et nuit à la Torah, et collabore à l’étude des lois propres à la Terre d’Israël, au « Midrach Bené Tsion », dirigé par le Gaon Rav Franck זצ"ל.

En 5695 (1935), il fait paraître son ouvrage « Méorei Ech », où sont exposées les lois en rapport avec l’énergie électrique et ses applications dans la vie juive. Il reçoit à cette occasion les approbations des plus grandes autorités de l’époque, dont le Roch Yéchivah de « Etz ‘Haïm », Rav Isser-Zalman Meltzer זצ"ל, qui le pare du titre élogieux de « mon cher ami le Rav, éminent Gaon... » (il n’a que vingt-cinq ans !). Une autre sommité de l’époque, Rav ‘Haïm-Ozer Grodzinski, déclare avec émotion après avoir lu l’ouvrage : « Une étoile brillante rayonne à Yérouchalaïm ». Dans son approbation écrite, jointe à l’ouvrage, il déclare : « Le Rav Hagaon... est un flacon neuf empli de vin vieux.... Il a parfaitement compris la Loi pratique, ... et il va progresser sans cesse dans la grandeur... »

En 5704 (1944), il fait paraître un nouveau livre, qui va le rendre célèbre, le « Maadanei Eretz », sur les lois de la septième année, ainsi que sur les dîmes des récoltes, ouvrage qui est unanimement approuvé par les plus hautes autorités rabbiniques, qui le louent pour sa parfaite connaissance de passages difficiles, que seuls quelques géants de la Torah peuvent maîtriser.

A la disparition du Gaon Rav Ye’hiel Mi’khaël Schlezinger זצ"ל en 5707, il va être appelé à diriger la Yéchivat « Kol Torah » dans le quartier de Bait-Végan à Jérusalem, où il va mettre sur pieds des milliers d’élèves. Il préside aussi la Yéchivat « Chaar Hachamayim » où l’on étudie la Kabbalah, et qu’avait fondée son père. Il figure également, en tant que président, dans divers comités rabbiniques à l’échelle du pays.

Reconnu par tous comme une autorité incontestable, il est désigné unanimement comme « décisionnaire de la génération ». Les plus grands érudits patientent à sa porte pour entendre de lui la réponse à leurs questions. Un nouvel ouvrage, composé de ses décisions en matière de loi, voit le jour sous le nom de « Min’hath Chlomoh », et le célèbre « Chemirat Chabbath Kehil’kheta », du Rav Neuwirth שליט"א a été rédigé sur la base majoritaire de ses avis en la matière.

Pourtant, malgré sa stature impressionnante dans la Torah, Rav Auerbach ne s’enorgueillit jamais, et resta le plus humble des hommes. Sa maison était ouverte à tous, tant pour ceux qui quêtaient la loi de sa bouche que pour ceux qui venaient demander aide et secours matériels. Il saluait autrui en premier, se conduisait avec finesse et discrétion, et fuyait les sujets de discorde. Ce qui ne l’empêchait pas d’être des plus fermes lorsqu’il s’agissait de l’honneur de la Torah et de ses représentants.

Affecté d’une congestion pulmonaire en Adar Richone 5755 (1995), il rend à son Créateur son âme pure le 20 Adar Richone. Il faut signaler que la dernière partie de son dernier ouvrage (le « Min’hath Chlomoh », cité plus haut) porte sur « les bénédictions qu’il faudra prononcer lors de l’accueil de Machia’h Tsidkénou ».

L’admiration envers le Rabbi


La relation du Gaon Rav Chlomoh Zalman avec la ‘Hassidouth peut aisément se comprendre. Descendant par son père du « Toldoth Yaacov Yossef », disciple éminent du Baa Chem Tov, et par sa mère, de l’un des érudits qui vinrent à la ‘Hassidouth grâce au Rabbi « Tséma’h Tsedek » (le 3ème Rabbi de ‘Habad), cette ascendance oeuvra sur le lien étroit qu’il entretint toute sa vie avec les maîtres contemporains de la ‘Hassidouth, et particulièrement avec le Rabbi.

Le premier document écrit qui fait état de cette admiration est la lettre qu’il rédigea à l’adresse du Rabbi pour lui demander son avis sur un livret qu’il venait d’écrire, au sujet de « La formation des femmes aux questions concernant la Nidah ». Cette lettre, conservée dans la bibliothèque de « Agoudath ’Hassidei ‘Habad » à New-York, dit en substance :

« Le17 Adar 5722 (1962). Je fais parvenir à notre Maître le Rabbi Chlita mon livret, je serais heureux qu’il m’informe de son opinion sur ce sujet important... Je sais à quel point il est surchargé de préoccupations concernant tout le peuple juif...

Je traite principalement mon sujet, à la mesure de ma pauvre compréhension, au chapitre 2, à la lumière de la voie hala’khique préconisée par son ancêtre « le Rav » (Zal) - il s’agit de « l’Admour Hazaken », auteur du Tanya et du « Choul’han Aroukh » -

Au premier regard (le Rabbi) verra que j’évoque le « Rav » avec crainte et frayeur... Je prie également le Rabbi de bien vouloir examiner le chapitre 4... et c’est pourquoi je serais heureux d’entendre son avis, qui est l’avis de la Torah, à ce sujet.

Je lui demande également de me mentionner pour le bien dans sa Téfila au sujet de ma santé, ainsi que des causes de satisfactions de ma famille et de mes élèves, et pour tous les sujets spirituels et matériels... »
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Le petit-fils du Gaon raconte que leur famille tient pour confirmée l’information selon laquelle le Rabbi, après lecture de cette lettre, fut impressionné par la crainte authentique ressentie par le Gaon lorsqu’il était question de la décision halakhique de l’Admour Hazaken.

Le Roi, dans son sens littéral


L’admiration du Gaon pour le Rabbi s’exprime à travers les nombreuses lettres qu’il rédigea à l’adresse du Rabbi à l’occasion de son jour anniversaire, le 11 Nissan. Dans celles-ci, il joint ses vœux à ceux de tout le peuple, souhaitant notamment que « D.ieu daigne ajouter de nouveaux jours aux jours du roi, car les années du roi et du guide ne sont pas les années du particulier mais les années d’âge en âge... et qu’il jouisse de la réussite divine d’agrandir (le rayonnement de) la Torah à travers le monde, et qu’il ait le mérite de contempler la douceur divine de la lumière nouvelle sur Tsion, par la venue de Machia’h Tsidkénou ».

Les proches du Gaon rapportent qu’après avoir envoyé une lettre semblable (en 5752 - 1972), il eut l’occasion d’expliquer ce qu’il avait voulu exprimer en citant le verset des Psaumes (chapitre 61, verset 7 : « Daigne ajouter de nouveaux jours aux jours du roi, car ses années sont d’âge en âge) : « ses années sont celles de la génération entière » , son âge est celui de tout le peuple.

Lorsque le Rav Chalom Ber Wolpo lui fit don d’un exemplaire de son ouvrage « Yé’hi Ha Melekh ! » (Vive le Roi !), qui traite de l’identité messianique du Rabbi, et qu’il accompagna ce geste d’une explication portant sur le titre en citant la sentence talmudique « Qui sont les rois ? Nos Maîtres les Rabbins », le Gaon fixa son interlocuteur d’un regard perçant, et lui rétorqua : « Non ! Il ne s’agit pas là des rois dans le sens de "nos Maîtres les Rabbins", mais du roi dans son sens littéral ! »

Lorsque le Rabbi proclama la nécessité de faire écrire des « Sifrei Torah » en faveur des enfants, le Rav Auerbach acheta lui-même plusieurs lettres au nom de ses petits et arrière-petits-enfants.

Une mission du Rabbi ne peut être repoussée


Le neveu de l’épouse du Gaon (Reb Abraham Rou’hamkin) qui compte parmi les ‘hassidim ‘Habad les plus connus à Bnei Brak, ainsi que son fils Méir, eurent à plusieurs reprises le privilège d’être les intermédiaires chargés de transmettre les bénédictions du Rabbi au Rav Auerbach, ainsi que les lettres de ce dernier au Rabbi. C’est Reb Méir Rou’hamkin qui raconte :

« A l’issue de mon séjour au « 770 », où j’étudiais au sein du groupe originaire d’Erets Israël (la "Kvoutsa"), je rentrai en Terre Sainte pour me marier. Avant mon départ, le 24 Adar 5751 (1991), je passai devant le Rabbi et lui annonçai mon mariage, ajoutant que le Rav procédant aux « Kiddouchin » serait mon grand-oncle le Gaon Rav Chlomoh Zalman. Le Rabbi me donna alors un dollar supplémentaire à son intention, avec sa bénédiction : « Qu’il prolonge son règne dans la longévité ».

Après la ‘Houpah (la cérémonie du mariage), mon grand-oncle s’adressa à mon père : « J’ai entendu que le marié a reçu pour moi un dollar du Rabbi de Loubavitch ». Mon père confirma l’information, mais ajouta que « le ‘Hatan et la Callah » étaient entrés à présent dans la pièce du « Yi’houd » (l’isolement de quelques instants après la cérémonie, concrétisant la validité du mariage), et qu’on lui remettrait ce dollar un peu plus tard.

Mais le Gaon lui répondit : « Non, une mission de Mitzvah confiée par le Rabbi ne peut être repoussée ». Les interlocuteurs du Gaon durent frapper à la porte de la pièce du Yi’houd, et me demandèrent de remettre immédiatement le dollar du Rabbi à mon grand-oncle.

Mihou Yéhoudi


A l’appel du Rabbi pour que l’on réforme l’amendement « Mihou Yehoudi » à la Loi du Retour (qui reconnaît comme juives des personnes dont la conversion n’est pas conforme à la ‘Halakha), le Gaon joignit sa voix : en Nissan 5732, il publia une « Plainte venant de la Ville Sainte, Yérouchalaïm », en association avec le Gaon Abramsky זצ"ל et le Gaon Eliachiv (Chlita), dans laquelle ces sommités proclamaient le devoir de réparer immédiatement cette loi, afin que seule une conversion conforme à la Halakha, la loi juive fixée par les décisionnaires de toutes les époques, soit reconnue comme légale.

Comment cela a-t-il pu vous venir à l’esprit ?


Le Rav Yéhouda Lévi (fils du Rav Yéhochoua Lévi, qui dirige le « Centre National de la Pureté Familiale » en Israël) raconte l’anecdote suivante :

« Un jour de l’année 5749 (1989), je me rendis chez un riche donateur de « ’Houtz Laarets » (l’extérieur d’Israël) pour solliciter sa participation à la construction d’un Mikvéh. Cette période était celle d’une grande tension entre divers groupes orthodoxes en Israël. Lorsque j’eus dit à mon interlocuteur que le Gaon Chlomoh Zalman Auerbach était le président de notre Centre pour la Pureté Familiale, il manifesta son refus de s’associer à ma collecte, car il avait entendu, disait-il, que « le Rav Auerbach avait parlé contre le Rabbi de Loubavitch ». Je fis valoir que cette information ne pouvait qu’être fausse, et que, connaissant personnellement le Gaon, je pouvais certifier que celui-ci respectait et honorait, au contraire, le Rabbi. Lorsque je vis que je ne l’avais pas convaincu, je lui proposai de rendre visite, en ma compagnie, au Gaon, lors de son prochain voyage en Erets Israël, afin d’entendre de sa bouche confirmation à mes paroles.

Lorsque le donateur fut en présence du Gaon זצ"ל, celui-ci lui tint les propos suivants, après avoir écouté ce qu’on lui rapportait : « Sachez donc que nous ne sommes que de petits bonshommes, des nains, aussi comment peut-il vous venir à l’esprit que j’aie pu oser prononcer une parole contre une éminence telle que lui, le conducteur de myriades de Juifs, l’homme qui diffuse la Torah dans le monde entier ! »

Lorsque l’homme entendit ces paroles, il décida sur-le-champ de faire don d’une somme deux à trois fois supérieure à celle que j’avais évoquée au début de ma visite.

Comment votre cœur vous a-t-il trompé ?


L’un des anciens étudiants de la Yéchivah « Kol Torah », aujourd’hui émissaire du Rabbi dans une ville d’Europe, raconte ce souvenir, remontant à une trentaine d’années :

« A l’époque où j’étudiais à Kol Torah, l’un de mes condisciples se moquait fréquemment de Loubavitch, y incluant la personne du Rabbi. Le Gaon Rav Chlomoh Zalman eut vent de ses propos, et cela lui fit mal. Il convoqua le jeune homme et l’invita à écouter l’anecdote suivante :

« Lorsque mon père le Gaon Rabbi ‘Haïm-Leib Auerbach זצ"ל était en poste ici, il reçut un soir fort tard, la visite d’une femme éplorée, qui lui cria dans un sanglot : « Rabbi, Rabbi, aidez-moi ! Ma fille est actuellement dans les douleurs de l’accouchement, cela se passe mal et elle est en péril. Les médecins veulent opérer, et je viens vous demander s’il faut accepter cela, et également solliciter votre prière en sa faveur ».

Mon père fut pris d’une grande compassion pour la peine de cette femme, et les mots s’échappèrent de ses lèvres :

« Allez dire à votre fille qu’elle n’accepte pas l’opération, Qu’elle doit avoir confiance en D.ieu, en le fait qu’Il l’assistera pour qu’elle enfante en paix ! »

La femme quitta la Maison d’études, rassurée et heureuse, et s’empressa de se rendre à l’Hôpital pour enjoindre aux médecins de ne pas opérer.

Après son départ, mon père se mit à réfléchir au cas qui venait de lui être posé, et convint qu’il avait répondu de façon hâtive, sans penser au fait qu’une telle réponse pouvait signifier un grand danger pour une personne à qui les médecins avaient signifié le caractère obligatoire de l’opération ! Il partit immédiatement à la recherche de la femme pour lui faire savoir qu’il préconisait de se conformer finalement à l’avis des médecins, mais, à sa grande douleur, il ne la trouva pas. Il revint chez lui, réveilla tous les membres de sa famille, et leur ordonna de lire les Téhilim (Psaumes) pendant toute la nuit. Je n’avais, quant à moi, jamais vu mon père pleurer autant que cette nuit-là.

Au matin, la femme revint et lui déclara : « Merci infiniment, Monsieur le Rav, ma fille a accouché aisément, grâce à votre conseil et à votre bénédiction ! »

« Maintenant », poursuivit le Gaon Rav Chlomoh Zalman, « réfléchissez vous-même : pour mon père, cela n’arriva qu’une fois, et cela le fit sortir littéralement de ses limites. Chez le Rabbi de Loubavitch, de telles histoires arrivent tous les jours et sont, pour ainsi dire « son pain quotidien ». Il est évident qu’il doit être un Tsadik géant, pour pouvoir prendre sur lui de telles responsabilités, touchant à la santé et à la vie de milliers de Juifs, qui le consultent et se conforment à ses avis comme s’agissant de l’Inspiration divine. Alors, comment votre cœur vous a-t-il trompé au point de parler contre un tel Tsadik ? »

 
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