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Accueil >>  2. Notions sur la Délivrance >>  Chapitre 2 : Exil et Délivrance


2. La Délivrance est une naissance

mardi 29 juin 2004, par Redaction


Dans l’éclairage particulier que la ’Hassidout apporte au thème de l’exil et de la Délivrance figure la comparaison de cette dernière à une naissance. Cette image est déjà présente dans les Ecritures : les difficultés précédant la venue du Machia’h sont appelées "douleurs de l’enfantement", comme il est écrit "Les douleurs d’une femme en travail lui arrivent" (Hochéa - Osée 13, 13). La Délivrance est appelée une "naissance" : "C’est ainsi que Tsion a été en travail et qu’elle a donné naissance à ses fils." (Ichaya - Isaïe 66, 8). Et au sujet des malheurs de l’exil, il est dit : "Les enfants sont prêts de naître, mais point de force pour enfanter !" (Ichaya - Isaïe 37, 3).

La vie d’un fœtus


La situation du fœtus est ainsi décrite dans le Talmud : "Rabbi Simlaï a enseigné : à quoi ressemble le fœtus dans le ventre de sa mère ? A un carnet replié, sa tête est entre ses genoux, ses talons sont sur son derrière et il se nourrit de ce que sa mère mange... Sa bouche est fermée et son nombril est ouvert. Lorsqu’il sort à l’air libre, ce qui était fermé s’ouvre et ce qui était ouvert se ferme." (Niddah 30b) Cette représentation nous indique que du point de vue de la structure de ses membres, de ses facultés et de ses sens, le fœtus est semblable à un enfant né, si ce n’est qu’une grande partie de ces facultés ne sont pas en fonctionnement pendant la gestation. Ceci est notamment illustré par la position du fœtus par rapport à la position habituelle de l’homme : la qualité première de l’homme est d’être un être pensant et réfléchi, chose qui se reflète dans la structure de son corps dont la tête est au sommet et domine tous les autres membres. Ce n’est pas le cas du fœtus qui a "sa tête entre ses genoux", position qui n’exprime aucunement la supériorité de la tête et tend à l’assimiler aux autres membres du corps.

Le fœtus vit, se nourrit, se développe et certainement même prend du plaisir lors de son séjour dans le doux liquide amniotique. Cependant, comparé avec une personne née, il souffre d’un désavantage flagrant : ses yeux ne voient pas, ses oreilles n’entendent pas, ses sens du goût et de l’odorat ne fonctionnent pas, ses poumons ne s’emplissent pas d’air et sa vie ne se résume qu’à simplement exister et connaître un développement corporel. Telle est la vie du fœtus : étroite et limitée. Ce n’est qu’après sa naissance qu’il pourra commencer à voir le monde qui l’entoure, à ressentir du goût à s’alimenter et à respirer à pleins poumons. Ce n’est qu’à la naissance que sa vie commencera véritablement.

Et telle la vie du fœtus, ainsi est notre exil : nous pouvons étudier la Torah, prier avec ferveur, ressentir envers notre Créateur crainte et amour, mais tout ceci ne se fait qu’à un niveau "fœtal". Nous n’avons pas une "vision" véritable du divin, nous "n’entendons" pas la parole divine qui résonne à l’intérieur de chaque atome de l’univers. Le monde nous semble exister de manière autonome, comme étant mû par sa propre force. Ce n’est qu’au prix de beaucoup de réflexion et de méditation que nous pouvons arriver à la conscience (et non la vision concrète) de la force divine qui fait vivre au monde chaque instant qui passe. Les Mitsvot, les commandements que nous accomplissons en temps d’exil peuvent être comparés à la nourriture qui passe par le nombril du fœtus : nous n’en percevons pas tout le goût et tout le sens et en accomplissons même un grand nombre par simple automatisme.

Nous commencerons à voir


L’aspiration à la Délivrance ressemble donc au désir du fœtus de naître pour pouvoir ouvrir ses yeux et ses oreilles sur le vaste monde. Ce n’est qu’avec la Délivrance messianique que nous mériterons le dévoilement de la lumière divine au point que même nos yeux de chair pourront en profiter, comme le dit le verset : "Et toute chair verra que c’est la bouche de D-ieu qui a parlé" (Ichaya - Isaïe 40, 5). Alors, lorsqu’un Juif étudiera la Torah, il ressentira dans tous les membres de son corps l’attachement qui en découlera avec Celui qui a donné la Torah. Lorsqu’il accomplira une Mitsva, il ressentira le lien que ce commandement établira entre lui et le Créateur qui l’a ordonné. Le Juif sortira alors du stade de "fœtus" pour devenir un homme vivant, qui voit et qui ressent.

Parallèlement, considérer l’exil comme une gestation lui confère un sens plus profond : de la même manière que la gestation est la préparation à la naissance, l’exil n’a pour objet que d’être la préparation à la Délivrance. Lorsqu’un Juif s’efforce de parvenir à un attachement à D-ieu, à aimer D-ieu et à Le craindre malgré l’obscurité de l’exil, il se prépare à la Délivrance, très prochainement.

 
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