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Accueil >>  1. "Vivre" la venue de Machia’h


- Introduction : Prêts pour la Délivrance (2ème partie)

lundi 23 août 2004, par Redaction


Un plan devient réalité


Le Rabbi n’a pas cessé de développer l’idée que la venue de Machia’h ne doit pas être considérée comme un rêve éloigné mais bien comme un facteur exerçant, dès aujourd’hui, son influence sur notre vie quotidienne. Il a même ajouté que vivre dans cette optique hâtera la réalisation de cette promesse. Quel est donc le coeur de ce message ?

Nos Sages [1] désignent le Machia’h et la Délivrance comme le but ultime de la création du monde. Car, si D.ieu le créa, c’est pour avoir [2] « une demeure en bas ». Ce but sera atteint avec l’ère messianique.

Toutefois, Il voulut que les hommes eux-mêmes façonnent cette demeure car l’être humain a une tendance naturelle à mieux apprécier ce qui est le fruit de son travail [3]. Si, à l’inverse, cela devait nous être accordé comme un don venu d’en-Haut, l’éclat de notre joie serait terni par un stigmate ineffaçable : le fait de ne pas l’avoir mérité [4]. Pour reprendre la métaphore de nos Sages [5], nous mangerions alors « le pain de la honte ».

Pendant des siècles, le peuple juif a, consciemment ou non, édifié la demeure de D.ieu. Aujourd’hui elle apparaît à nos yeux.

Une image permet de mieux comprendre cette idée. Un entrepreneur est engagé pour construire un immense palais. Il commence par en établir le plan et, dès ce moment, pendant toute la durée de la construction, il garde en tête une vision claire de l’édifice achevé. Les hommes qui travaillent sur le chantier ont, pour l’instant, perdu de vue le but final mais, plus le temps passe et plus, au fur et à mesure de l’avancement des travaux, ils commencent aussi à entrevoir l’édifice que, de leurs propres mains, ils font passer de l’état de simple plan à celui de réalité concrète. Il est évident que, le palais sortant de terre peu à peu, son existence même montre aux bâtisseurs le but ultime de leurs efforts.

Dans notre génération, le peuple juif peut enfin commencer à voir la demeure de D.ieu, l’édifice construit [6] « par nos actions et notre service divin pendant le temps de l’exil » et qui sera parachevé par la venue de Machia’h.

A la porte de Rome


D.ieu est depuis longtemps prêt à envoyer Machia’h. Machia’h lui-même est impatient de venir. Le problème reste que son chemin a, jusqu’ici, était obstrué par les imperfections du monde. Une histoire rapportée par le Talmud [7] illustre cette idée.

Rabbi Yehochoua ben Lévi rencontra le prophète Elie [8] alors qu’il se tenait devant l’entrée de la grotte de Rabbi Chimon ben Yo’haï [9]... Il lui demanda : « Quand Machia’h viendra-t-il ? »

Le prophète répondit : « Va le lui demander ».

« Mais où peut-on le trouver ? »

« A la porte de Rome ».

« A quel signe pourrai-je le reconnaître ? »

« Il est assis parmi les pauvres gens couverts de blessures. Les autres défont les bandages de toutes leurs plaies en une seule fois, puis les refont. Mais lui défait un bandage puis le refait immédiatement (avant de recommencer pour un autre). Car il dit : « Peut-être serai-je appelé (pour me révéler en tant que Machia’h), et je ne dois pas me mettre en retard ! » Ainsi (Rabbi Yehochoua ben Lévi) alla le voir et lui dit : « La paix soit sur toi, mon maître et mon professeur ! »

II lui répondit : « La paix soit sur toi, fils de Lévi ! »

Alors, il (Rabbi Yehochoua ben Lévi) lui demanda : « Maître, quand viendras-tu ? »

Celui-ci répondit : « Aujourd’hui ! »

Rabbi Yehochoua retourna vers Elie qui lui demanda : « Que t’a-t-il dit ? »

Il répondit : « ...II m’a déçu ! II m’a déclaré qu’il viendrait aujourd’hui et il n’est pas venu ! »

Elie reprit : « Machia’h avait en tête (ce verset) [10] : « Aujourd’hui - si vous écoutez Sa voix ! »


En notre temps, comme le Rabbi שליט"א l’a déclaré de longtemps, cette exigence a été satisfaite. Notre génération, de fait, se tourne vers D.ieu pour entendre Sa voix. Il n’y a donc aucune raison pour que Machia’h, qui est impatient de venir, en retarde encore le moment.

La situation d’exil dans laquelle nous nous trouvons s’analyse spirituellement sous deux aspects. D’un côté, D.ieu Se dissimule à nos yeux ; c’est ce qu’exprime le verset : « En ce jour, Je cacherai Ma face... car ils se sont tournés vers d’autres dieux » [11]. D’un autre côté, comme le verset cité l’indique également, l’homme s’est détourné de D.ieu. Ce qui est nécessaire pour que D.ieu se révèle à nouveau ? Que l’homme change d’orientation. La situation décrite peut être réparée simplement si l’homme se retourne vers D.ieu, s’il ouvre les yeux. Il découvre alors que, du fait de cette seule initiative, la face de D.ieu n’est plus cachée. L’exil, en conséquence, disparaît.

Un nain sur les épaules d’un géant


Dans la version couramment proclamée des Treize Articles de Foi du Rambam (Maimonide), le douzième principe énonce : « Je crois avec une foi parfaite en la venue du Machia’h. Même s’il tarde, j’attendrai chaque jour qu’il vienne ».

Le Rabbi שליט"א note [12] que cette phrase ne signifie pas que nous devons, chaque jour, attendre la venue ultime de Machia’h. Il faut, plutôt, que nous attendions intensément que Machia’h vienne le jour-même . C’est dire que chaque jour peut être ce jour-là.

C’est là, pour beaucoup, une idée difficile à concevoir. Ils regardent le monde autour d’eux avec réalisme. Ils y observent des explosions de violence, du mal, des noeuds d’injustice. Puisque la demeure de D.ieu doit être réalisée par l’oeuvre de raffinement de l’homme, comment peut-on prétendre, disent-ils, que tout est prêt pour Machia’h ?

En fait, chacun peut percevoir que le monde est effectivement prêt ; mais, pour cela, il faut aller au-delà des impressions superficielles pour découvrir la dimension positive de ce qui nous entoure. Car le mal n’existe que pour un temps tandis que le bien est éternel [13]. Dès lors, le bien accompli par le peuple juif au cours des siècles, toute la Torah qu’il a étudiée, toutes les actions fraternelles de bonté et de charité qu’il a réalisées, tous les actes de sacrifice pour la sanctification du Nom de D.ieu qu’il a assumés, restent des facteurs constants. Cela s’applique certainement avec une force redoublée alors que nous succédons à la génération des martyrs de l’Holocauste. Nos Sages [14] enseignent que le fait qu’un homme meurt al Kiddouch HaChem, pour la sanctification du Nom de Dieu, le porte à un degré si élevé « qu’aucune créature ne peut se tenir en sa présence » [15].

Nous, qui sommes « l’étincelle sauvée du brasier » [16], les héritiers de ces hommes qui nous ont transmis ce mérite infini, sommes donc [17] « comparables à un nain debout sur les épaules d’un géant ». Malgré nos imperfections, nous disposons d’un crédit sans limite qui nous vient de ce « réservoir » d’actions chargées de mérite, peu à peu rempli au fil des siècles.

De plus, notre génération elle-même n’est pas non plus dépourvue de mérites propres. Le Rambam écrit [18] qu’en un tel domaine, l’évaluation ne peut être faite sur une simple échelle numérique mais uniquement « selon la sagesse de D.ieu Omniscient ». Notre génération, malgré sa participation à des sociétés pluralistes et séculières, reste fermement attachée au judaïsme. Il est clair que, pour D.ieu, ce caractère pèse un poids particulier.

Par ailleurs, c’est en notre temps que des dizaines de milliers de Juifs ont courageusement choisi d’imprimer une nouvelle direction à leur vie, de revenir à D.ieu, de faire techouvah. Or, nos Sages enseignent [19] : « La techouvah rapproche la Délivrance ». Puisque « toutes les dates fixées pour la Délivrance ont été dépassées et (que) cela ne dépend plus que de la techouvah » [20], le fait qu’on observe un élan vers D.ieu dans notre génération entraînera, à n’en pas douter, un mouvement symétrique de Sa part - la fin immédiate de notre exil.

Une fois de plus : Maître, quand viendras-tu ?


Il est possible de comprendre que notre génération est prête pour la Délivrance dans un autre contexte.

Comme le rapporte une lettre [21] déjà citée, l’âme du Baal Chem Tov s’éleva jusqu’à la demeure spirituelle du Machia’h et lui demanda : « Maître, quand viendras-tu ? »

Le Machia’h répondit [22] : « Quand les sources de tes enseignements se seront répandues au-dehors » [23].

Il ne s’agit pas là que d’une prophétie mais bien du reflet d’une dynamique inhérente à la structure même de la création. D’une part, les récompenses promises par la Torah nous sont données [24] « mesure pour mesure ». D’autre part, la Délivrance se caractérisera par un tel déversement de lumière spirituelle que [25] « le monde sera plein de la connaissance de D.ieu comme les eaux couvrent le fond de l’océan ». Aussi, pour préparer cette révélation, il nous appartient de tout mettre en oeuvre pour répandre la connaissance de Dieu dans le monde. Or cela a été accompli. Il n’existe aucun endroit que les enseignements de la ’Hassidouth n’aient pas encore atteint [26]. Tous les moyens de communication mis à notre disposition par la technologie moderne ont été utilisés pour diffuser le judaïsme et le ’hassidisme. Pour ’Hanouccah chaque année, en particulier depuis 5752 - 1991, une liaison satellite multiplex réunit des millions d’hommes autour du globe [27].

A la lumière de ce qui a été dit, on peut mieux percevoir la portée de l’idée sans cesse répétée par le Rabbi, que le service de D. ieu nécessaire pour amener la Délivrance a été parachevé. Il y a quelques décennies, le précédent Rabbi de Loubavitch déclara [28] que « tout ce qu’il reste à faire à présent, c’est de faire briller les boutons ». Aujourd’hui, cela aussi a été accompli.

Dire « Lé’Haïm » à Machia’h


Dans ce contexte, une vieille histoire ’hassidique apporte un éclairage particulier :

Un jour, Machia’h arrive et tout le peuple juif se rassemble pour l’accueillir.

Quelques éminents érudits sont au premier rang. Ils lui proposent : « Machia’h, aimeriez-vous entendre la dissertation talmudique que nous avons préparée en votre honneur ? »

Machia’h accepte et l’un de ces savants talmudistes commence l’exposé. L’ayant achevé, il interroge : « Alors, Machia’h, comment l’avez-vous trouvé ? »

« Pas mal », répond Machia’h.

« Seulement pas mal ?! » proteste l’érudit.

« Franchement », explique Machia’h, « cela aurait pu être mieux vu à tel endroit et à tel autre ».

Le talmudiste, un peu honteux, le reconnaît. II s’en excuse : « C’est que nous ne vous attendions pas vraiment... Si vous étiez venu un ou deux jours plus tard, nous aurions pu faire mieux ».

Machia’h est alors accueilli par un joyeux groupe de ’hassidim : « Chalom alei’hèm, Machia’h ! Voulez-vous vous joindre à nous pour dire Lé’Haïm sur un peu de vodka ? »

Machia’h accepte, on remplit les verres et on porte un toast.

Un des ’hassidim s’inquiète : « Alors, Machia’h, comment avez-vous trouvé la vodka ? »

Et Machia’h dit la vérité : « La vodka était très bonne, mais il y en avait vraiment très peu ».

Le ’hassid explique alors : « Chaque jour, nous étions certains que vous alliez venir ce jour-là, alors, nous disions tous Lé’Haïm ! Si vous étiez venu un jour plus tôt, il y en aurait eu davantage ».


Le Rabbi שליט"א a développé l’analogie suivante, qui relève de la même inspiration quoique dans un cadre différent :

Un jour, Machia’h se présente dans une entreprise. Il arrive jusqu’au bureau du directeur et, là, est arrêté par la secrétaire.

Celle-ci transmet à son employeur : « Machia’h voudrait vous voir ».

« Je peux lui donner un rendez-vous pour dans deux semaines » lui est-il répondu.


Occupé à amasser les richesses spirituelles ou matérielles, chacun d’entre nous vit surtout dans le présent ; c’est l’immédiat qui fait notre souci. C’est là la véritable raison pour laquelle certains soulèvent des objections lorsqu’on évoque la venue imminente de Machia’h. C’est que cette dernière balaierait leur routine quotidienne ; plus jamais, demain ne serait semblable à hier.

Nos Sages [29] désignent également Machia’h sous l’appellation de porètz - « briseur ». C’est le terme employé par le verset [30] : « Le briseur montera devant eux ». Cette expression décrit bien la tâche que Machia’h accomplira : briser les barrières de l’exil. De manière similaire, attendent sa venue ceux qui brisent leurs propres barrières, leurs limites autoinstaurées. Ainsi, au lieu de se réfugier derrière les exigences insignifiantes de leur routine quotidienne, ils assument un défi personnel, recherchent l’infini, luttent pour qu’il apparaisse au coeur même de leur existence limitée.

L’identité de Machia’h


Peu après que le Rabbi Précédent ait lancé son appel [31] « tout de suite la techouvah, tout de suite la Délivrance », il demanda au Rabbi שליט"א quelles étaient les réactions de la communauté juive dans son ensemble.

Le Rabbi préféra d’abord ne pas répondre. Devant l’insistance mise à obtenir une réponse, il finit par dire : « Les gens disent que le Rabbi de Loubavitch veut s’auto-proclamer Machia’h ».

Le Rabbi Précédent répondit : « Au moins, ils parlent de Machia’h ».

Il est naturel que les gens fassent le lien entre le discours sur l’imminence de la Délivrance et un homme précis qui se révèlera être Machia’h. Cette attitude a un aspect très positif ; elle reflète comme notre croyance en sa venue est concrète. Il ne s’agit plus, dès lors, d’un vieux rêve que l’on admire avec émotion ni d’une hypothèse envisageable dont il est intéressant de débattre, mais bien de l’attente d’un événement réel, sur le point de se produire.

Machia’h sera un homme matériel. Nos Sages [32] ont examiné l’idée selon laquelle, bien qu’une ère messianique s’instaurerait, il n’y aurait pas de Machia’h, D.ieu « régnant Lui-même (sur le peuple juif) ». Le Talmud rejette fermement cette thèse, au point que l’un des plus grands décisionnaires en matière hala’hique, le ’Hatam Sofer [33], déclare sans ambiguïté que celui qui y souscrirait aujourd’hui « renie la Torah dans son ensemble ».

Dans chaque génération, il existe un Machia’h potentiel [34], « un homme d’entre les descendants de Yéoudah qui est digne d’être le Machia’h d’Israël ». Comme l’écrit le ’Hatam Sofer [35], « dès le moment de la destruction du Beith HaMikdach, une personne est née qui, en sa qualité de Juste, est digne d’être le libérateur d’Israël ». Cette idée est, d’ailleurs, évidente d’un simple point de vue logique ; il est, en effet, clair que, puisque Machia’h peut venir à tout moment, il faut qu’il en existe un constamment.

Pour préparer cet événement, le Rambam [36] définit certains critères qui nous permettront de reconnaître Machia’h. Celui-ci sera un Sage de la Torah, descendant du roi David, fidèle à l’observance des mitsvot, qui entraînera l’ensemble du peuple juif à renforcer son respect de la Torah. A un moment donné, il « mènera les guerres de D.ieu et remportera la victoire », il reconstruira le Beith HaMikdach et rassemblera les exilés du peuple juif.

Sauf a atteindre le mérite que la Rédemption se déclenche instantanément (comme l’envisage le verset « Ils partiront sur les nuages du ciel »), son processus ne peut être accompli en un jour, même par Machia’h. C’est pourquoi, nous devons considérer que, dans chaque génération, il existe un Machia’h potentiel. Celui-ci entreprend les premières étapes de l’oeuvre décrite. Si ces préliminaires se passent bien, comme l’indique le ’Hatam Sofer dans le texte déjà cité, « l’esprit de Machia’h repose sur lui » et il libère notre peuple.

Le Rambam [37] note que Rabbi Akiba [38] fut un des partisans de Bar Ko’hba qu’il désigna comme Machia’h. Bien que d’autres Sages aient été en désaccord avec lui sur ce point, aucun d’entre eux ne vit un problème fondamental dans sa démarche. Dans le même sens, le Talmud [39] discute des revendications faites à plusieurs reprises par les disciples de quatre grands Sages de différentes époques selon lesquelles leur maître respectif était le Machia’h de ce temps. Dans une période plus récente, l’attente messianique s’est également souvent focalisée sur une personne précise, telle que Rabbi Cha’hna [40], Rabbi lts’hak Louria [41], Rabbi Yéhoudah Loew [42], Rabbi ’Haïm ben Attar [43], Rabbi Eliyahou, le Gaôn de Vilna [44], Rabbi lts’hak Méir de Guer, l’auteur des ’Hidouchei HaRim [45], Rabbi Yé’hézkel de Chiniva, le fils de Rabbi ’Haïm de Sanz [46], Rabbi Mendel de Vizhnitz, l’auteur de Tséma’h Tsaddik [47], et beaucoup d’autres encore.

Il est inutile de dire que la mémoire collective de notre peuple a naturellement tendance à retenir, plutôt que les cas cités, les quelques expériences négatives faites dans ce domaine. Dans ces cas, le problème a surgi du fait que l’homme dont il était alors question ne satisfaisait en rien aux critères posés par le Rambam, par exemple en ce qui concerne l’observance de la Torah et des mitsvot. La difficulté ne provenait pas, en tout état de cause, de l’idée selon laquelle il existe constamment un Machia’h potentiel dans le monde. En fait, en reprenant les termes cités plus haut, employés par le ’Hatam Sofer, il est clair qu’affirmer l’impossibilité pour quiconque aujourd’hui d’être Machia’h est purement et simplement une hérésie.

Un prélude à Machia’h


Un jour, lors d’une réunion ’hassidique, un homme se leva. Avec ferveur, émotion, il demanda ardemment la venue immédiate de Machia’h. Le Rav qui présidait cette réunion intervint : « Et toi, que feras-tu alors ? Imagine un instant que Machia’h vienne vraiment maintenant ! Ne serais-tu pas gêné de te présenter devant lui ? Tout en demandant sa venue, ne devrais-tu pas aussi souhaiter de réussir à te préparer pour cet événement ? »

Le Rabbi שליט"א nous a rappelé que nous devons « vivre avec la Délivrance » [48], en avoir l’avant-goût, l’anticiper dans notre comportement quotidien. Cela signifie que nous devons conduire notre vie de manière parallèle à celle que nous adopterons lorsque Machia’h viendra [49].

En termes simples, le Rabbi veut que cette venue ne nous prenne pas par surprise, que nos vies, nos foyers y soient d’ores et déjà prêts. Cela implique qu’il nous appartient de les mettre en harmonie avec le message que Machia’h adresse au monde. Il nous revient aussi de partager cette conception avec tous, pleins de cette confiance que donne la vision de la réalité.

Vivre en harmonie avec la Délivrance rendra manifeste cette réalité. Décrivant cette nouvelle ère, le Rambam ne parle pas d’apocalypse. Il désigne plutôt un processus graduel de préparation qui s’effectue en Machia’h lui-même, ainsi que dans le peuple juif et, plus généralement, dans le monde. Au sens le plus littéral, l’histoire est en train de se faire. En « vivant avec la Délivrance », nous ferons qu’elle arrivera concrètement. En diffusant la paix, l’harmonie et la connaissance de Dieu, nous amènerons l’âge où [50] « il n’y aura plus de famine ni de guerre, plus de jalousie ni de rivalité... (alors) « Le monde sera plein de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent le fond de l’océan » [51].




[1] Sanhédrin 98b.

[2] Midrach Tan’houma, Parchat Bé’houkotaï, sec. 3.

[3] Rachi sur le traité talmudique Baba Métsia 38a.

[4] le Rabbi שליט"א explique la raison profonde pour laquelle D.ieu dota l’homme de cette tendance : Il voulut que l’homme ne fasse pas que recevoir passivement ce qu’on lui donne mais qu’il soit également un partenaire actif dans l’oeuvre de la création (Likoutei Si’hot, vol. XV, p. 95).

[5] Cf. Talmud de Jérusalem, traité Orlah 1:3 ; Likoutei Torah, Parchat Tsav 6d.

[6] Voir la première phrase du chapitre 37 du Tanya

[7] Sanhédrin 98a.

[8] Le prophète Elie est l’annonciateur de la venue de Machia’h.

[9] Rabbi Chimon bar Yo’haï, l’auteur du Zohar se cachait, dans une grotte, des Romains, occupant alors la terre d’Israël, qui voulaient le tuer.

[10] Téhilim 95:7.

[11] Cf. Devarim 31:18.

[12] Likoutei Si’hot, vol. XXIII, p. 394.

[13] Voir Tanya, chap. 25.

[14] Traité talmudique Pessa’him 50a.

[16] Ze’hariah 3:2 et les commentaires ad loc.

[17] Introduction à Chibolei HaLékèt.

[18] Michné Torah, Hil’hot Techouvah 3:2.

[19] Traité talmudique Yoma 86b.

[20] Traité talmudique Sanhédrin 97b.

[21] Cette lettre a été d’abord publiée dans Ben Porat Yossef puis, partiellement, dans Kétèr Chem Tov, sec. 1.

[22] Cf. Michlei 5:16.

[23] Pour une explication, dans le perspective de la ’Hassidouth, de la question du Baal Chem Tov et de la réponse de Machia’h, voir Likoutei Dibourim, chap. 16-18. Voir également, en français, « De l’essence de la ’Hassidouth ».

[24] Traité talmudique Nédarim 32a.

[25] Yichayahou 11:9.

[26] Ainsi, le Tanya, le texte de base de la ’Hassidouth ’Habad, a été imprimé, ces dernières années, dans plusieurs milliers d’endroits, de Pékin à Charm-El-Cheikh. La liste de ces lieux de publication, qui figure en appendice de chaque édition, inclue jusqu’à presque tous les points du monde où ne vit qu’une poignée de Juifs.

[28] Lors d’un discours prononcé pour Sim’hat Torah 5689, le Rabbi Précédent compara la situation du peuple juif alors, en ce qui concernait la venue de Machia’h, à celle d’une armée se préparant pour la revue finale et à qui, tous préparatifs achevés, il ne reste plus qu’à faire « briller les boutons ».

[29] Aggadat Béréchit, sec. 63.

[30] Mi’hah 2:13.

[31] Cet appel fut publié, pour la première fois, en 1941. II est reproduit dans le recueil des lettres du Rabbi Précédent (Igueroth Kodèch, vol. V, lettre n° 1447).

[32] Traité talmudique Sanhédrin 99a.

[33] Yoréh Déah, Responsum 356.

[34] Commentaire de Rabbi Ovadiah de Bartenora sur le Livre de Ruth.

[35] Responsa sur Hochèn Michpat, vol. VI, Responsum 98.

[36] Hil’hot Mela’him 11:4. (De manière significative, ce passage n’apparaît pas dans un commentaire à caractère allégorique ou homilétique, mais plutôt dans le cadre d’un texte à valeur législative pour la loi juive). Voir aussi Sdei ’Hémèd, Péat HaSadéh, Maaré’hèt Alef, Principe 70.

[37] Hil’hot Mela’him 11:3.

[38] Rabbi Akiba fut un des plus grands Sages de l’époque talmudique. Il vécut au temps de l’occupation romaine en terre d’Israël et crut reconnaître le Machia’h en Bar Ko’hba Toutefois, celui-ci manifesta, un peu plus tard, par sa conduite qu’il ne l’était pas et Rabbi Akiba l’abandonna. Peu après, Bar Ko’hba fut tué dans la guerre qu’il avait lancée contre les Romains.

[39] Traité talmudique Sanhédrin 98b.

[40] Il fut le maître du Rama, Rabbi Moché Isserlès, un des plus grands décisionnaires, co-auteur du Choul’han Arou’h, le Code des Lois Juives. Voir le commentaire intitulé Chaï LaMora sur Chemot Guitin à propos de Evèn HaEzèr, sec. 129, lettre Chin, au nom "Cha’hna".

[41] Connu également sous le nom de AriZal, il fut l’un des plus grands kabbalistes. Il vécut au seizième siècle à Safed. Voir Chiv’hei HaAri et Emek Hamélè’h 11:4, citant Rabbi ’Haïm Vital, ainsi que Toldot HaAri, p. 199 et 258, citant le AriZal.

[42] Egalement dénommé le Maharal de Prague, il fut un des plus grands Sages de son temps. Son oeuvre est immense, mais il est surtout connu, dans le public, pour avoir fabriqué le Golem, une créature d’argile dotée de mouvement et d’intelligence par un pouvoir kabbalistique, afin de protéger les Juifs de la ville. Voir la lettre que lui écrit son disciple, Rav Israël, dans son Nétivot Olam, 2ème partie (Nétiv HaLachon, p. 83).

[43] Grand Sage marocain, il est également connu sous le nom de son commentaire, le Or Ha’Haïm. Il fut contemporain du Baal Chem Tov avec qui il entretint une correspondance survie. Voir Or Ha’Haïm, fin du commentaire sur Devarim 15:7.

[44] Kol HaTor, ouvrage compilé par les disciples du Gaon de Vilna.

[45] Sia’h Sarfei Kodèch, vol. V, chap. 17, p. 92, citant Rabbi Sim’ha Bounim de Pchis’ha.

[46] Mékor ’Haïm, p. 73.

[47] Introduction au recueil de Responsa intitulé VaYitsbor Yossef.

[49] Lorsqu’on fait référence à notre mode de vie à l’ère messianique, cela ne correspond bien évidemment pas à des phénomènes surnaturels tels que la résurrection des morts, qui doivent pourtant aussi intervenir, mais à une situation dans laquelle « le monde continue selon les règles naturelles. (Rambam, Hil’hot Mela’him 12:1).

[50] Hil’hot Mela’him 12:5.

[51] Yichayahou 11:9.


 
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